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de ce monstre. La Religion, en le rejettant de son sein, nepourra pleurer sa perte ; mais regrettera éternellement celled’une belle contrée , celle d’un peuple sçavant, que lui enlè-vera ce Prince, d’un peuple long-tems illustré par ses mar-tyrs,, par la régularité de fa discipline, & par ses lumières;toujours précieux par cette énergie de caractère que cetteReligion sublime auroit élevé à la hauteur de ses principes.Un seul homme va produire la plus étrange métamorphosedans la morale & la croyance de tout un peuple % & cepeuple , si peu souple par lui - même dans la main de sesRois , ce peuple , qui de la franchise de son corps a sçuformer une barrière à l’autorité royale, se laissera, par unesorte de fatalité, maîtriser comme un enfant dans son esprit& dans les intérêts les plus sacrés pour son ame.
Hâtons-nous d’esquisser ces différentes scènes d’horreur,faisons connoître ce règne, époque d’un schisme qui persé-vère encore & celle de la violation de tous les principes,bléron avoir trompé les Romains dans le premier essor deson caractère. Un Prince qui pâlissoit & trembloit en signantun arrêt de mort, n’annonçoit point au peuple le meurtrierde Senèque & d’Agrippine. L’Anglois, qui, dans la jeunessede Henri, ne voyoit qu’une bravoure fans ostentation, uncaractère de franchise, une libéralité noble, qui contrastoitavec Favarice de son père, un grand amour du peuple, dontil châtia deux oppresseurs dans le supplice d’Empton & deDudley, médians Ministres de son père, un esprit cultivé &adouci par le commerce des lettres, étoit bien loin de pres-sentir tout ce que la contagion du pouvoir suprême corrom-proit dans un caractère de cette trempe.
Une des plus belles personnes de son siècle, élevée à laCour de France dans le manège de la coquetterie, tempérantcette liberté par un reste de pudeur Angloise, enflamma le