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Cependant la faveur de quelques royalistes secrettementappuyés par Monck, rendoit soupçonneux les ennemis de lamaison Stuart, dont l’auguste ,nom sembloit encore un épou-vantail pour le gros d’une Nation, à laquelle l’ombre deCharles reprochoit fans cesse son crime. Mais c’est ici que lesage & généreux Monck conduit sa barque en habile rameur,qui ne s’avance jamais plus sûrement à son terme, qu’en seprésentant de face au côté opposé. C’est toujours vers laRépublique qu’il pouffe les différens flots des factions, enéloignant toute idée de Protectorat & de Monarchie. Son créditaugmente par ce stratagème » on lui laisse rappeller les exilés,presque tous royalistes L’armée murmure; mais l’armée, quife voit à la merci d’un nouveau Parlement, de la créationde Monck , sent qu’elle n’a plus que la voie d’une humblesupplique. En peu de jours, une nouvelle milice, dévouéeau Général & à son Roi, annonce aux militaires mutinésl’impuiffance de leur révolte. Le Parlement lui-même se débatenvain dans les filets dont Fenveloppe l’habile artisan de cegrand ouvrage. La République n’a plus ni lien, ni appui, &fe dissout naturellement par cette position inattendue. Un nou-veau Conseil d’Etat, un corps inconnu, formé des partisansde la monarchie , s’élève au milieu de tous ces pouvoirsdispersés.
Monck n’a point encore prononce' le nom intéressant deStuart, & déja ce nom vole de bouche en bouche. A ce cride ralliement , la révolution s’opère dans les esprits , leprestige du fanatisme est tombé, les amis de Charles, cachésjusqu’alors, marchent tête levée dans Londres, étonnent &consternent les factions par leur assurance. Toujours prudent& toujours fidèle, tandis que par son commerce secret avecCharles, Monck porte l’espérance & la joie dans Famé duTome II, S