C 145 )
Un homme, célèbre encore de nos jours, & comme Histo-rien & comme homme d’État, qu’on appelloit alors leChan-.celier de la nature humaine , parce qu’il en connut & ne cessad’en maintenir les droits, le Comte de Clarendon, Magistratimpaíïìble comme la Justice, plaida avec une égale fermeté laliberté de la Nation auprès du Roi, la prérogative duPrince auprès de la Nation. Seul, il auroit rempli aux yeuxde l’Angleterre le vuide que l’indolence de Charles laissavoir fur le trône, & sauvé l’honneur de son maître. Mais,par cette fatalité, qui trop souvent rend les Princes ingrats,Charles devint bientôt injuste. II s’offufqua du mérite deClarendon & de ses services , il osa lui faire un crime deRavoir marié avec l’Infante de Portugal, disons mieux : Charlesn’osa rien ; mais laissa tout oser à la cabale contre le plusgrand homme de l’Angleterre, & souscrivit à l'arrêt de pros-cription, qui le bannit du Royaume.
Cette révolution releva Buckingham. Rappellé à la Cour, ily reprit avec autant de hardiesse que d’indécence son poste defavori. Qu’il est respectable ; mais qu’il a peu d’égaux dansl’Histoire , le Prince dont la sagesse repousse ces vils Agensdes voluptés de leur maître, ces Valets si bas quelquefois dansle plus haut rang, qui, après avoir profané leur propre nompar des turpitudes, se jouent de l’honneur du trône & de celuide leur maître, en le corrompant par les femmes, & finissantpar lui faire mépriser les hommes ! Charles en fit, jusqu’àses derniers jours, la trop funeste expérience.
• Tandis que Charles fe reposoit fur son frère, ses Ministres» & ses Amiraux, de ses querelles avec la Hollande, Louis XIV. qui voyoit avec intérêt les débats de ces deux Puissances;» mais qui ne vouloit ni la ruine, ni la prépondérance de l’une» ou de l’autre, s’occupa de les pacifier. Le Duc de Verneuil »• Ambassadeur du Monarque François, parut à Londres ; il yTome II. T