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retentit vivement en Angleterre, où les fugitifs -cherchèrentun asyle, 5e communiquèrent à cette Nation une forte inquié-tude sur l’exemple que Louis XIV sembloit donner à Jacquesdu despotisme Sc de l’mtolérance.
Heureux cependant le Monarque d'Angleterre, fi moinsconfiant dans ses idées Sc son pouvoir, moins prompt àvenger son autorité offensée , il eut reçu de Louis XIV lesleçons de modération & de tolérance, que ce Prince lui fitdonner par Lauzun & par Barillon, qui l’obsédèrent en quelquesorte, pour Pengager à des voies de conciliation avec sonpeuple, lorsqu’il pouvoit encore les prendre avec honneur.
Au moment le plus fort de la crise, où Jacques voit minerfa puissance par tous les ordres de l’Etat, par les entreprisesdu Prince d’Orange, le Roi de France ne l’abandonne point.Le plus grand Sc le plus respecté des Monarques de son siècle,Louis étoit le vangeur naturel de la majesté royale. Le Ministrede France offre à Jacques une armée de trente mille hommes,pour repousser son gendre Sc le faire respecter de son peuple.Fier à contre-tems, Jacques dédaigne un secours qui lui sem-blerait trahir sa faiblesse. Peut-être auíîi, car l’homme estindéfinissable dans les motifs de fa conduite, quand il lui fautlutter à la fois contre son orgueil & contre les coups du fort,peut-être Jacques craignit-il d’aggraver ses maux, en accep-tant la protection d’un Prince, le fléau déclaré des Protestans.C’est au moins le piège que lui tendit son favori Sunderland,qui, après savoir exalté à l’excès fur l'étendue de son pou-voir , ne pensa plus qu’à l’égarer dans fa marche , pour lelivrer fans défense à Guillaume.
Un évènement heureux avo't consolé quelques instans cetteCour affligée. La naissance d’un fils devoit relever toutes lesespérances du Roi & réduire en fumée tous les projets duPrince d’Orange. Lui-même avoit mêlé ses félicitations àTome IL V