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Tome II.
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Ajoutons qu’après avoir ainsi renversé toutes les idées,pour subordonner à la religion du Prince le serment despeuples, il falloit que l’Anglois se crut en droit de punirdans les enfans au berceau ce qu’il appelloit l’hétérodoxiedu père. Si l’on peut se demander ici comment tant d’in-conséquence a pu se trouver dans un peuple qui , selonquelques Ecrivains , déja marchoit à grands pas vers laPhilosophie, ne dût-on pas être étonné qu’un Prince pru-dent 8c éclairé , tel que Guillaume , put envier ou mêmeaccepter un trône , dont il voyoit la base si fragile ?

Mais ce que l’ambition lui déguisa dans l’yvresse du suc-cès , son caractère réfléchi le lui fit bientôt appercevoir.La chaleur du zèle 8c du dévouement pour Guillaume s’étoitattiédie chez l’Anglois. Ce peuple n’étoit pas d’humeur àremplacer son maître naturel, par un despote étranger. Onsçavoit tout ce que le génie adroit de Guillaume avoir ajoutéen Hollande à la prérogative du Stathoudérat. Les intérêtsdivers des deux Nations qu’il avoir à gouverner, le placèrentdans une position critique. Deux orages le menaçoient presqueégalement dans l’Angleterre 8c dans les Pays-Bas. Le Hollan-dois commençoit à se repentir de l’avoir fait si grand , &déja subjugué par l’habileté du simple Stathouder, que n’a-voit-il pas à craindre pour fa liberté , d’un homme qu’ilvenoit de placer à la tête de trois Royaumes ! Qu’on ajouteà ce levain, celui que devoir former la jalousie des deuxNations.

L’Anglois, plus policé, plus raffiné dans ses mœurs, nevoyoit dans les Hollandois que des hommes d’une classesubalterne, 8c ne donnoit qu’un mépris insultant à l’honnêtesimplicité de ce peuple , qui venoit d’être son Libérateur»Amsterdam, déclarée contre Guillaume, pouvoit entraînerpar son importance la défection des autres Provinces.