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Le peuple, qui ne pouvoir être initié aux mystères de la politiquede la Reine Anne ou de ses Ministres, & qui ne connoifíbit que lesdémarches ouvertes de cette Princesse, en faveur de la maisonde Hanover, le vit avec un mécontentement sourd, flétrit lamémoire de cette Reine &t culbuter son système. On vitpleuvoir des libelles, Georges fut l’objet de mille traits saty-riques, on ne lui épargna pas même les conspirations. Un Irlan-dois Catholique osa le braver avec franchise , en plaidanthardiment sous ses yeux la cause du Prétendant. Georges necrut pas qu’il fut alors prudent de le punir avec sévérité »il la réserva tout entière pour les Seigneurs qui avoientconspiré en Ecosse. Plusieurs périrent de la main du bour-reau.
Un d’entre eux échappe par un artifice de l’amour conjugal.La Comtesse de Nithschisdale obtient la faculté de voir sonmari dans la Tour de Londres. En femme éplorée, un mou-choir devant les yeux, soutenue de ses femmes, elle pénètrejusqu’à son mari, change avec lui de vêtement ; Sc celui-cisort avec la même facilité, dans le costume de la Comtesse,qui resta à fa place, & à laquelle on ne put refuser íaliberté.
Marlborough , qui, sur la fin du dernier règne, avoit cédéforcément à l’prage, revient plus brillant que jamais à laCour, par une fuite des procédés de Georges, qui s’atta-eçhoit à décréditer la politique de la feue Reine. La sienne futquelquefois en défaut. On lui vit oublier entièrement une deses plus belles prérogatives, lorsqu’au lieu de s’opposer à lafixation du nombre des Pairs , il prit le change fur la résistancedes Communes & leur fit souscrire un Bill, qui lui enlevoitses plus beaux droits.
Georges, en treize années de règne, avoit à peine connule peuple , qu’il etoit venu gouverner, II imagina que son