2 Histoire
balancés tant aux Indes orientales , qu’en Amérique eten Europe.
La foiblesse et la corruption du ministère anglois avoitpréparé et causé des revers qui , à l’ouverture des hosti-lités , firent mal présumer du succès. La défaite de Braddock,la perte d’Osvvego , et des autres forts de l'Amérique , lalenteur des armemens , la perte des occasions , la distri-bution mal entendue des flottes et des escadres’, l'échecde la Méditerranée , qui avoit amené la perte de Minorque ,étoient en effet fa preuve d’un gouvernement sans pré-voyance , sans activité et sans talent. L’assassinat de Bingfut concerté par les ministres pour détourner l’attentionpublique , et attacher le peuple à l'iUco qu.’il devoit sesrevers moins à l’incapacité des membres du conseil, et- kl’infériorité de sa marine , qu’à la lâcheté ou à la trahisondu malheureux amiral.
. Mais si le ministère parvint à donner le 'change auxesprits vulgaires, la partie saine de la nation ne pût êtretrompée , et la force de l’opinion publique les contraignitde s’associer MM. Pitt et Legge , qui étoient regardéscomme les patriotes les plus distingués de la Grande-Bre-tagne, et dont toute la nation reconnoissoit et admiroitégalement les profondes lumières et l’intégrité. Le premierfut nommé secrétaire d’état , et le second chancelier del’échiquier ; bientôt l’iníluence de ces deux hommes d’étatse fit sentir.
La guerre se continuoit en Allemagne avec un désavan-tage marqué pour l’Angleterre et ses alliés. Le conseiljugea qu’il étoit nécessaire de faire une puissante diversionqui put obliger la France à rappeler d’Allemagne unepartie de ses troupes pour veiller à sa propre conservationet à la sûreté de ses côtes.