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Tome III.
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26 Histoire

leurs officiers, sans aucun égard au mérite personel, etsans aucune attention aux circonstances particulières.

M. Wolf vivement frappé de ces idées affligeantes ,touché de la honte de n’avoir pas réussi dans son attaque ,animé du désir ardent de recouvrer les lauriers qu’on pouvoitcroire qu’il avoit perdus à la chute de Montmorenci , etcraignant de ne pas en trouver l’occasion, tomba dans unespèce de désespoir et dans une agitation si violente cju’elleéclata , et que sa constitution naturellement délicate enfut totalement dérangée. Ce trouble d’esprit joint aux fa-tigues de corps qu’il avoit souífertes, lui causèrent unefièvre et une dissenterie qui le mirent, pendant quelquetems , hors d’état de rien entreprendre.

A la suite d’un conseil de guerre il fut résolu de quitterles positions et d’abandonner le plan qui avoit si mal réussi.II en fut formé un nouveau pour transporter des troupesdans des barques, et les descendre au-dessus de la villependant la nuit, vers l’endroit nommé Sillery, à une lieuedu cap du Diamant , dans l’espérance de leur faire monterles hauteurs d’Abraham qui s’élèvent tout - à - coup desbords de la riviere, par une pente très-escarpée, afin des’emparer du terrein qui est derrière la ville, du côté oùelle est le moins fortifiée.

Inexécution de ce plan étoit accompagnée de tant dedangers et de difficultés , que pour s’y déterminer, il falloitune audace qui approchoit du désespoir. II plut au général,par ce qu’il ne laissoit point d’intermédiaire entre le succèsou la mort.

En effet, le courant étoit très-rapide, le rivage coupéen talus ; les bords du fleuve garnis de sentinelles, l’endroitdu débarquement si étroit, qu’on pouvoit le manquer aisé-ment dans les ténèbres, et le terrein d’un accès si difficile ,