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Tome III.
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38 Histoire

ils tombèrent tout-à-coup sur le contre-maître qui soupoitavec ses amis , tuèrent, blessèrent ou mirent en fuite toutela compagnie. Ils furent joints par quelques confédérés ,attaquèrent les plantations voisines, massacrèrent tous lesblancs qu’ils purent rencontrer, s’emparèrent des armes,et s’assemblèrent en si grand nombre que la colonie setrouva tout-à-coup dans le plus grand danger, quoique laprécipitation de ceux-ci eût prévenu le jour où devoit sefaire le soulèvement général.

Le gouverneur donna aussitôt les ordres nécessairespour faire prendre les armes à tous les habitans. Lestroupes réglées ayant été jointes par celles de milice etpar un grand nombre de volontaires, que la nécessité pres-sante de la colonie avoit rendus soldats , marchèrent dela ville Espagnole à celle de Sainte-Marie où la révolteavoit commencée. Ils eurent une escarmouche avec lesnègres ; mais comme ces derniers évitoient un combatgénéral, et qu’ils se tenoient cachés entre les buissons ,d’où ils tomboient inopinément sur les blancs , le gouver-neur résolut de les faire attaquer par les noirs libres, qu’onappelle communément Noirs sauvages , et qui vivent enpaix dans leur établissement, sous la protection du gou-vernement. La récompense qu’on promit pour la tête dechaque esclave qu’ils apporteroient, leur lit oublier qu’ilsétoient tous de même origine , et ils attaquèrent leursfrères révoltés , en tuèrent un grand nombre par surprise,affoiblirent leurs forces de jour en jour , et le désespoirayant fait disperser tout le reste dans les bois , on crutla conspiration totalement appaisée ; mais cette tranquilliténe fut pas de longue durée. Peu de tems après les révoltés,renforcés de tous ceux qui purent s’échapper des différentesplantations , reparurent avec une nouvelle fureur. Les