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Tome III.
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r>* Angleterre. 5j

Si l’espritpublic d’une nation a besoin d’un enthousiasmepassionné pour se soutenir, son gouvernement doit êtrecalme et sans passion. La haîne de Pitt contre le gouver-nement françois , ses déclamations éternelles toujoursremplies de fiel et d’orgueil, ses plans hostiles, ont dû aigrirItz ministère françois , et lui faire desirer l’occasion d’hu-milier et de dompter un cabinet qui ne ménageoit rien.

A la vérité, la défaite et l’anéantissement de la marinefrançoise ô toit au cabinet de Versailles la faculté de punirtant de présomption ; mais ce n’est pas toujours la forceet la puissance qui sont redoutables dans un ennemi, ladissimulation , l’adresse , la patience ne sont pas moins àcraindre ; on verra bientôt, dans la guerre d’Amérique ,combien de pareilles armes , dans des mains habiles, ontfait de mal à la Grande-Bretagne.

En effet, la perte de l’Amérique , qui n’eut point eu lieusans les secours d’abord cachés, et ensuite prodigués avecacharnement par la France, fut le coup le plus sensible quecette puissance pouvoit porter à son ennemi, et devintpour elle la vengeance la plus éclatante de ses humiliationset de ses pertes.

L’Angleterre dut à son tour songer à la vengeance, etil faut convenir que son ministère en a saisi par la suitehabilement l’occasion et les moyens. M. Pitt appelé augouvernement, y apporta 1^esprit du lord Chattam, sononcle. Ce ministre déploya tous les talens de son oncle,et sa haine pour la France. II vit de longue main dansl’état de décrépitude où se trouvoit la monarchie françoise,dans la situation déplorable de ses finances et dans lemécontentement général de la nation, les moyens de luifaire payer cher un jour la perte de l’Amérique. II n’estplus douteux , pour les gens éclairés , et qui ont suivi laTome 111. H