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pas le despotisme de la cour de Londres , qui, par un espritd’aveuglement inconcevable , ne voulut rien rabattre de sesprétentions. Cette détestable et injuste obstination révoltaenfin toute TAmérique septentrionale. Cette contrée quiavoit déjà le sentiment de ses droits et de sa force , com-mença à entrevoir qu'une réconciliation avec la métropolelui seroit désavantageuse. Chacun sentit enfin que quandinême on accorderait aux colonies le droit de se faire re-présenter dans le parlement, qu’elles demandoient avecinstance, la voix de leurs députés seroit étouffée sans cesseparla majorité vendue au parti duministère ; on commençaà se convaincre que les liaisons avec la Grande-Bretagne,qui avoient servi à Rétablissement de tant de grandes co-lonies, n’étoient plus nécessaires à leur prospérité, qu’ilsuffisoit qu’elles fussent unies entre elles. Plusieurs mêmesde ceux qui entraînoient le suffrages du peuple, soutenoientque les anciennes liaisons n’avoient été d’aucune utilitéaux colonies. Le commerce que nous exerçons , disoient-ils , consiste dans les choses du premier besoin et nousaurions trouvé la vente de ces objets dans toute l’Europedès que nous avons commencé de les posséder en abon-dance. II peut être convenable que de petites îles soientgouvernées par un royaume puissant, mais il est absurdede vouloir qu’un vaste continent soit gouverné par une51e, de même qu’elle ne peut pas nous conquérir , il luiest impossible de nous gouverner. L’Angleterre appartientà l’Europe et l’Amérique à elle-même. Le moment de notreindépendance est arrivé. La postérité ne pourra comprendrecomment on nous a retenu tant d’années dans cet étatde soumission et de perplexité , qui nous réduit à traverserquinze ou dix-huit cents lieues pour aller solliciter unepuissance si disproportionnée , si éloignée de nous, qui nousTome 111. K