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Tome III.
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78 Histoire

procura avant tout un dénombrement exact des douzeprovinces, et il eut Fassurance qu’il avoit trois millionsd’hommés à opposer aux stipendiâmes du cabinet britan-nique.

Aussitôt Fentliousiasme de la liberté s’empare de tousles esprits. Un plan raisonné d’insurrection générale s’or-ganise ; de tous côtés on se prépare à la guerre ; dans toutesles provinces on fait des levées d’hommes. Le lieutenant-colonel, Charles Lee , qui le premier eut Faudace et lagloire d’offrir ses services au c'ongrès , se met à la tête deces levées , et dirige les opérations militaires, les muni-tions , les appròvisionnemens ; il enflamme le courage dupeuple, exerce les milices par détachement et les accoutumeà île point redouter les troupes réglées. Bientôt une arméeentière, que lord Dunmore avoit conduite contre les sau-vages , avoit abandonnée les drapeaux du despotisme pourse ranger sous la bannière de la liberté. Déjà le congrèss’étoit procuré une artillerie nombreuse et formidable. Detoute part un fabriquoit des armes, on se procuroit desmunitions de guerre, et on íormoit des magasins. De soncôté , le fougueux général Gage, qui avoit d’abord cru qu’iln’avoit à soumettre que des rébelles, s’aperçut enfin qu’ilauroit à combattre un peuple libre, et se crut en état d’agir.G’est au bourg de Lexington que devoit couler le premiersang de la guerre civile. Huit cents hommes, commandéspar le lieutenant-colonel Smith , avoient été chargés d’en-lever le congrès provincial de Boston. En traversant dès lematin le village de Lexington, ils y trouvèrent.une com-pagnie de milice , prête à passer en revue ; après une som-mation inutile de rendre les armes, Smith ordonne à satroupe de faire feu ; dix-sept Américains furent jetés surla place, le reste de la troupe, qui n’étoit point préparé