Histoire
les bourgs et les vilages où il f’aisoit débarquer ses soldats,à l’aide de quelques intelligences il étoit parvenu à entrerdans Norfolk, port de la Virginie , et à y établir enfin songouvernement ; mais bientôt assiégé par les milices dela province , il fut obligé de se rembarquer. En se retirantil incendia la ville. Nous allons emprunter le récit de cetembrâsement à un ofíicier de la marine angloise , consignédans sa lettre , datée du sloop l’Oter , le 6 janvier , devantles ruines de Norfolk.
«.Quel beau et ravissant spectacle í
» tous les vaisseaux marchands qui bordoient le quai ne» paraissoient plus qu'un rideau de flammes ; notre artil-» lerie faisoit un bruit d’enfer qui redoubloit de tems en» tems par l’horrible fracas des maisons qui s’abimoient..» Les ravages de l’incendie ont duré pendant toute la nuit» et le jour suivant. Le feu n’est pas encore éteint quoiqu’il55 n’y ait plus qu’environ douze maisons sur pied ; le resté» n’est plus qu’un cahos de ruines. Nous avons beaucoup35 de joie de la /lestrvjcetun ae cette ville , parce que c’étoit3 > la retraite la plus favorable de ces maudits rebelles , et35 nous espérons en faire autant de toute la Virginie. 5 ,
Le tigre qui a écrit celte lettre n’étoit que l’écho duféroce Dumnore, qui trouvoit la plus douce jouissancedans la barbare contemplation de son ouvrage. Tant d’at-trocités firent un effet contraire à celui qu’en attendoit lacour de Londres. Au lieu du découragement le désir de lavengeance couvrit de soldats toutes les provinces Améri-caines , au point que dans la Virginie l’assemblée provin-ciale s’étoit cru obligée de contenir ce noble enthousiasme ,et arrêta que pour porteries armes, il fau droit être hommelibre , et faisant partie du peuple soumis aux loix.
Cependant la campagne mémorable de 1776 alloit s’ouvrny