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que les pieds des hommes n’avoient point encore foulés.On y rencontroit alternativement des bois touffus aussivieux que le continent, à travers (lesquels 11 falloit s’ouvrirun passage avec le sabre et la hache. Des marais stagnanset profonds , sur lesquels il falloit établir des routes solides ;enfin des rochers, des montagnes à gravir à chaque pas.La fatigue, la maladie , la misère , la faim, ne purenttriompher de cette troupe de héros , dans l’ame desquelsArnold avoit su faire passer sa constance et son intrépidité.Malgré les pertes inséparables d’une grande entreprise ,Arnold gagna enfin les parties habitées du Canada, où satroupe trouva abondament tout ce dont elle avoit besoinpour réparer ses forces.
D’un autre côté , Schuyler et Montgomery avoient éga-lement gagné le Canada par la route opposée qu’ils avoientprise. Schuyler se chargea d’aller conclure un traité avecles Sauvages des environs , et laissa au, général Mont-gomery le soin de diriger les opérations militaires. Celui-cisut tellement s© concilier l'esprit des Canadiens, qu’ils leregardoient comme un libérateur, et deux mille d’entreeux vinrent se joindre à lui. Abandonné de Schuyler,éloigné des secours , et ne recevant pas du congrès lesrenforts qu’il en espéroit, Montgomery sentit qu’il devoitse suffire à lui-même. II mit le siège devant le fort St-Jean,et pendant que les travaux se poussoient avec activité,il se mit à la tête d’un détachement pour aller s’emparerdu fort Chambly. Le général Prescot qui y commandoit,soutint d’abord l’attaque avec courage , et s’eíforça , parune longue résistance à donner le tems au gouverneurTarletoh de venir à son secours. Montgomery n’en laissapas la faculté à ce dernier, qui fut battu, et forcé de sejeter dans Montréal. Le fort Saint-Jean s’étant rendu ,