LIVRE VI, CHAP. XXXV. 2^5
de Charette et de Stofflet , il paraît que ces deuxderniers avaient juré secrètement sa perte; et eneffet , dès le surlendemain, sa bande s’étant dis-sipée faute de vivres, il fut accusé d’avoir fo-menté sa défection , et condamné à mort par unconseil où ses rivaux figuraient, l’un commeprésident, l’autre comme rapporteur.
Par l’effet de ce meurtre , la Vendée militairefut de nouveau divisée en trois principaux arron-dissemens, qui fournirent chacun au recrute-ment d’une armée. Stofflet eut le commandementde celui qui confinait à la Loire ; Charette futreconnu le chef de celui qui s’étendait le longdes côtes depuis le Pertuis Breton jusqu’à la baiede Bourgneuf ; on laissa à Sapinaud le comman-dement intermédiaire du pays de Retz; et dès-lors chacun d’eux s’organisa comme il l’entendit.
Stofflet qui avait toujours été jaloux de la no-blesse, devenu indépendant, laissa percer sahaine pour elle , en n’admettant aucun gentil-homme dans la réorganisation de son état-major,à l’exception de Laville de Beaugé qui commandason artillerie. 11 forma huit divisions, dont ildonna le commandement à des plébéiens qui s’é-taient distingués par leur bravoure dans l’expédi-tion d’outre-Loire . Son major-général fut le fa-meux Trottouin, fils d’un potier de Saumur ,lequel, avec le curé Bernier, forma le conseilde cet âpre et intrépide royaliste.
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