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Vanstabel qui l'escortait avoc deux vaisseaux,traversant les lieux où s’était livré la bataille, etles voyant couverts de débris, balança quelquetemps sur le parti qu’il devait prendre. Mais lespectacle de ces décombres, prouvant combienla lutte avait été terrible , lui fit conclure que levainqueur, quel qu’il fût, aurait été forcé deregagner ses ports, pour y mettre en sûreté sesprises et vaisseaux endommagés. 11 résolut doncsagement de poursuivre sa route; et, pour lebonheur de la France , il entra sain et sauf dansle port de Brest , où Jean-Bon-St.-André , confiasd'avouer la perte de sept vaisseaux et de 8 millehommes, n’osait plus reparaître.
Dans cette mémorable bataille, les deux partisrecueillirent une gloire bien dilférente : si YiJ-laret mérita des éloges, pour le courage qu'ildéploya dans l’engagement particulier de sonvaisseau contre trois bàlimens ennemis, il en-courut au contraire le blâme, de n’avoir pointsu prendre l’initiative le 29 mai, d’avoir perdu levent les jours suivans , et de n’avoir pas ma-noeuvré , le i er juin, de manière à déjouer leselforts des Anglais sur sa gauche. L’initiative esten effet bien plus décisive sur mer que sur terre;puisqu’ici mille accidens, une hauteur escarpée,un pont brisé, un ruisseau marécageux, peuventarrêter la ligne des assaillons, l’empêcher desuivre sa marche offensive, et la laisser expose'a