VOIES PUBLIQUES, ïg
I. Un comptable ayant la garde de la caisse , la tenue des recettes et desdépenses, la partie financière des adjudications, le paiement des salaires etdes fournitures , etc. Ce comptable, qui ne pourrait rien faire par lui-même,n’opérerait que d’après les ordres légaux et toujours écrits , donnés par l’officierdes travaux publics. 11 délivrerait celui-ci d’une foule de détails fastidieux.
II. Un ingénieur, exclusivement chargé de tous les travaux civils. Il auraitle rang de nos ingénieurs ordinaires des ponts et chaussées. Il serait choisiparmi les officiers de ce rang disponibles, et parmi les aspirants déclaréséligibles , d’après un examen public * sur leurs connaissances théoriques et pra-tiques , acquises à l’école polytechnique et à l’école des ponts et chaussées.
Je voudrais que le choix de l’ingénieur d’un arrondissement appartînt auxnotables de cet arrondissement même : par exemple , aux citoyens qui ontle rang d’électeur, ou (si l’on trouve cette classe trop peu nombreuse) auxcitoyens qui paient 200 fr. , et même seulement 100 fr. d’impositions.
Pour que les électeurs d’arrondissement ne pussent nommer que dessujetscapables, ils seraient obligés de choisir dans une liste de vingt candidats, queleur fournirait la direction générale des ponts et chaussées.
Je voudrais que, tous les deux ans ou tous les trois ans, l’ingénieur fûtsoumis au scrutin des notables de l’arrondissement. Il conserverait de droit sarésidence, tant qu’il n’aurait pas contre lui les trois quarts des suffrages. Pat-un tel moyen l’on donnerait à son emploi beaucoup de stabilité. Néanmoinsce fontionnaire apercevrait sans cesse que si, par faiblesse , ou par des com-plaisances illicites , ou par incapacité, ou seulement par négligence de sesdevoirs, il mécontentait la presque totalité des habitants , il serait officielle-ment congédié-, disgrâce qui lui rendrait ensuite fort-difficile d’obtenir uneautre circonscription.
Dans les arrondissements où se présenteraient des travaux extraordinaires ,la direction générale des ponts et chaussées enverrait des aspirants qui seformeraient, ainsi, sous la direction des hommes les plus habiles.
Les ingénieurs d’arrondissement, pour toutes les routes communales , rece-vraient les ordres des conseils d’arrondissement 5 pour les routes départe-mentales , des conseils de département *, enfin , pour les routes générales , del’inspection générale des ponts et chaussées. Dans les deux derniers cas,l’ingénieur en chef du département serait l’intermédiaire indispensable ,entre l’autorité centrale elles ingénieurs ordinaires.
Il faudrait conserver, sur le pied actuel, un ingénieur en ehef par dépar-
* On imprimerait le compte officiel de ces examens , pour l’envoyer dans les arrondissementset diriger le choix des e'Iecteurs.