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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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VOIES PUBLIQUES. 161

Les travaux imaginés, dès l’origine, pour améliorer la navi-gation des cours d’eau naturels, ne remédiaient que fort-impar-faitement aux difficultés; il se formait des bancs d’alluvionsau-dessous des barrages et des pertuis ; les rivières dont onaltérait l’état primitif, changeaient avec rapidité la forme deleur lit; maintes fois, les débordements détruisaient les digueset les autres constructions. Dans tous les temps , on trouvaitlong et difficile de remonter, au moyen d’un balage tortueuxet fatigant. Ces difficultés donnèrent l’idée d’abandonner lelit meme des cours naturels, et de creuser, dans une directionparallèle, des lits artificiels ou les eaux seraient tenues, de ni-veau par des écluses.

On admire l’ingénieuse définition que Pascal a donnéedes rivières, en les appelant des chemins qui marchent. Ons’extasie sur l’avantage d’avoir ainsi des chemins qui voya-gent } mais cet avantage, très-réel en effet, lorsqu’on va (Jansle sens même du courant, devient un inconvénient grave lors-qu’on va dans un sens contraire. De sorte qu’à tout prendre ,il vaut encore mieux se ménager les moyens de venir et d’allersur des eaux tranquilles, que sur des eaux courantes.

Les Anglais sont aujourd’hui pénétrés de cette grande véritéque le célèbre Brindley, l’ingénieur du duc de Bridgewater,leur a le premier démontrée, par ses préceptes et par ses tra-vaux. Cet habile ingénieur, appelé devant un comité de lachambre des communes, au sujet d’un canal qu’on proposaitd’exécuter, soutenait vivement l’utilité d’un projet, quoiquela proximité d’une^ rivière semblât rendre superflue toute navi-gation artificielle. Pour quel objet pensez-vous donc, lui ditun membre du comité, que la Providence ait créé ces nom-breuses et belles rivières dont elle a gratifié l’Angleterre?.,.Ce fut, répondit Brindley, pour alimenter des canaux .

Cette pepsée hardie, mais juste, surmontera par degrés les