270 FORCE COMMERCIALE.
Dans ce projet, îes chaînes de suspension , qu'il serait plus convenable d’ap-peler chaînes de support, sont en dessous du plancher ; elles le soutiennent aumoyen de tiges en fer coulé , verticales et contenues à leurs distances respec-tives, par de petits arceaux de meme métal, établis , suivant une ligne horizon-tale , sous le sommier du plancher. Ce plancher se compose d’une plate-forme enfer coulé , qui porte une couche de pierres concassées , afin d’éviter les effetspernicieux des vibrations d’un planc her en bois. Les chaînes passent sur chaqueculée, descendent derrière, et se terminent vers le bas de la maçonnerie, dansun endroit qu’on peut visiter en tout temps, au moyen d’une galerie souter-raine. L’extrémité inférieure du retour des chaînes offre une tête qui s’arrêtecontre la base d’un tuyau conique en fer fondu, dans lequel la chaîne mêmeest enfilée. Ce Tuyau , solidement encastré dans la maçonnerie , assure la tenueparfaite de la chaîne. M. Stevenson pense qu’on ne doit exécuter, d’après untel système , que des ponts dont la longueur n’excède pas soixante mètres.
Les Américains avaient commencé leurs travaux vers lalin du siècle dernier. Dès 181 3 , M. Telford proposait deconstruire un pont suspendu, pour traverser la Mersey, àl’endroit où le canal du duc de Bridgewater communique àce fleuve; situation, comme on voit, parfaitement choisiepour le débouché d’un vaste commerce. Ce pont devait avoirquatre supports seulement, et se composer de trois arches’.,ayant respectivement ï 52 \ mètres , 3 o 5 mètres et i 52 ^ mètresd’ouverture : ce qui fait une longueur totale de 610 mètres.La grandeur, et je dirais presque l’audace de ce projet, effrayè-rent les capitalistes auxquels il fut présenté ; mais il eut dumoins l’avantage d’attirer l’attention vers un nouveau genrede constructions. Il fit entreprendre des expériences nom-breuses sur la force des fers, et sur l’utilité de leur emploipour suspendre des ponts. Ces expériences ont été rapportéespar M. Barlow, professeur de mathématiques à l’école militairede Woolvvich, dans l’utile traité publié par ce savant, sur laforce des bois et des fers.
En 1818, M. Telford, chargé des travaux de la route quiconduit de Londres en Irlande , à travers le Pays de Galles,