CÔTES ET PORTS. 19
profonde pour que la plupart des navires restent à flot, quandla mer est basse. Au milieu du fleuve, un grand espace demeurelibre, meme alors que le port est le plus fréquenteycet espaceest réservé pour que lés bâtiments arrivent et partent à lavoile , quel que soit leur point d’arrivée et de départ. ’
Prévenu par de pompeux récits > le voyageur, dont l’imà-gmatioii est d’avance préparéë; à la majesté de ce spectacle,trouve la réalité supérieure encore àson attente.: Au cpn traire,il est déçu, dans son expectativelorsqu’au lieu - de largesquais, bordés par des 1 rangées régulières de magasins élevéset de somptueux édifices, disposés pour tous les besoins d’uncom merce maritime universel, il voit Je ; fleuve, encaissé pa rde mauvais murs ou des palplanches, et deâ pilotis grossiers yle tout surmonté de masures enfumées qui couvrent des riveshideuses, et ne laissent pas même, au bord de l’eau, un sen-tier libre et continu pour les piétons. ...
Cependant , ce misérable aspect dune, vieille ville, est com-pensé par quelques avantages. Si jchariots et les voituresde toute espèce ne peuvent arriver jusqu’aii bôrd du fleuve,pour apporter et remporter les cargaisons des bâtiments, cesnavires eux-mêmes, lorsqu’ils accostent les quais, ont leursponts à l’aplomb des grues et des poulies dont les magasinssont munis. Ces magasins sont de véritables entrepôts où. lesproduits de la nature et de l’art affluent, de tous les points duglobe, pour être distribués ensuite dans l’intérieur de la ca-pitale et des provinces.
Depuis beaucoup d’années, le parlement s’est occupé d’a-méliorer et d’embellir les quais de la Tamise. Il a fait paraître,aux frais du trésor public, tous lés projets marquants proposésdans ce dessein, mais sans prononcer encore son choix défi-nitif. Dans les grandes mesures d’utilité générale, le sénatbritannique ne croit jamais devoir procéder avec trop de len-