CÔTES ET PORTS. 85
du premier ordre, grossi par les eaux, enrichi par les produitsd’un vaste territoire. A peine quelques ruisseaux y portent leurstributs ; il n’est pas même navigable jusqu’à Durham, capi-tale du comté dans lequel Sunderland est située. Mais les rivesdu Wear recèlent des trésors qui suffisent pour donner à la na-vigation de ce fleuve une extrême activité. Là, le charbon-de-terre se trouve en abondance, à des profondeurs plus ou moinsconsidérables ; tantôt près du cours de l’eau, tantôt à 5 , 6, 8ou io kilomètres de distance. On l’amène aux embarcadèresavec de grands chariots de fer *, traînés sur des routes-ornièresqui sont aussi de fer. Parmi toutes les routes de ce genre quenous avons examinées, celle qui nous a paru présenter le plusde difficultés vaincues, aboutit sur la rive droite du Wear, àquelques mètres du pont : elle offre un modèle digne de fixerl'attention du lecteur
* La caisse de ces chariots est un tronc de pyramide quadrangulaire évasée et dé-couverte par le haut. La largeur et la longueur du fond sont respectivement, i mèt -,6et 2 mètres ; la longueur de la base supérieure est de 2 mèt -,8 à 3 mètres. Enfin les côtés,inclinés à l’horizon d’un peu plus de 45 °, ont i mèt *,6 de lai’geur. Le fond du chariotest garni d’un sabord de déchargement, placé vers l’extrémité qui regarde les naviresen chargement. Le sabord est fermé par deux pattes de fer qui tournent à charnière , etse rabattent sur la face inclinée antérieure du chariot ; là , elles emboîtent l’œil d’unpiton. Une même goupille traverse les deux yeux de ces pitons, lorsqu’on veut fermerle sabord. En retirant la clavette et dégageant les deux pattes de fer, le sabord s’ouvrepar l’effet de la charge qu’il supporte , et cette charge descend entre les quatre roues.
Il y a des crochets à l’avant et à l’arrière du chariot, pour y fixer à volonté la cordede traction. Les roues, en fer côulé, ont 6 à 7 décimètres de diamètre ; leur largeurhorizontale est de i 5 à 16 centimètres ; elles présentent un rebord qui reste en dedansde la route en fer : enfin la largeur de la voie est de 14 à i 5 décimètres.
** La mine de charbon d’où part cette route, est éloignée d’environ 10 kilomètres du •point d’embarquement. Dans toute cette longueur, le terrain qu’on avait à parcourirn’offrait pas de très-fortes pentes; néanmoins, lorsqu’on a rencontré des monticulesun peiu trop accidentés, on a fait une coupée pour les traverser. La route aboutit surla côte escarpée qui borde le Wear, par une levée horizontale qui se rend au premierétage d’un vaste magasin bâti sur la crête de cette côte. Ce magasin, long d’environ5o mètres, sur 2 5 à 3o de large, est élevé d’au moins 4o mètres au-dessus du niveau