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3 (1826) Force commerciale de Grande-Bretagne / par Charles Dupin
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CÔTES ET PORTS. T45

tjue, si des. hommes endurcis par le plus rude des climats ,ahandonnaient totalement leur .contrée natale , aucun habitantdes provinces plus favorisées de la nature ne voulût aller pren-dre leur placé pour cultiver une terre ingrate et repoussante.L’autorité fit donc les plus grands efforts dans le dessein d’amé-liorer le sort des montagnards écossais . Elle ouvrit des voiescommerciales^ nombreuses et faciles, à travers des gorges demontagnes où, jusqu’alors, on n’avait passé que par des sentiersde berger et de chasseur'*,;'elle établit des phares, aux abords lesplus dangereux de lai terre-ferme et des îles ; elle encouragea ,elle-facilita l’établissement: des petits ports marchands, et desvillages de pêcheurs, le long des côtes.de la mer et sur les bordsdes principaux lacs ; elle s’efforça d’importer dans ces déserts ,les lumières de la civilisation, en créant des écoles, en propa-geant la Bible et la connaissance de la langue anglaise * , etc.

* Parmi les Lairds qui .continuent de résider dans la Haute-Ecosse, plusieurs s’op-posent sourdement à ces efforts qui pourraient rendre plus éclairés leurs anciensvassaux, dont ils sont révérés et redoutés encore, par la tradition d’un respect im-bécile. Poür faire connaître cet esprit anti-social , je n’offrirai qu’un exemple ; maisil est frappant, et digne d’une méditation profonde.

En suivant la ligne du canal Calédonien le long du lac Oich, je traversai la valléeou glen de Garry. Je passai d’abord devant une jolie maison élevée près des ruines d’unancien château-fort, reste de la puissance des Mac-Donnell sur la contrée environnante.Au-dessus de la porte du moderne édifice, je vis suspendues, comme des monumentsde triomphe, des têtes de bêtes fauves et des carcasses d’oiseaux sauvages. C’étaient les

trophées du cheftain, dans les chasses annuelles où il réunit les montagnards de son

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clan , avec les visiteurs des clans voisins : tous vêtus en petit cotillon et les cuisses nues.Ils sont trois jôurs en campagne, passent les nuits dans les forêts; puis reviennent auchâteau , manger les produits de la chasse , s’enivrer de wisky *, et se livrer aux excèsd’une brutale intempérance que des rixes ensanglantées manquent rarement d’illustrer.

A quelque distance de l’habitation des Mac-Donnell, je découvris un monument quime fit reculer d’horreur : en voici le sujet. Il y a plus de deux cents ans, une famillenoble avait fait éprouver quelques injustices à plusieurs de ses vassaux ; sept d’entre euxse réunirent et massacrèrent cette famille , ou du moins toutes les probabilités les in-diquèrent comme auteurs de l’assassinat. Aussitôt le laird, dans le clan duquel s’était

* Liqueur forte obtenue par la distillation du froment : celle de la Haute-Ecosse est célèbrepour sa qualité; elle est l’objet d’une immense contrebande.

II.

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