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ville où naquit le grand artiste qui fait tant d’honneur à
l’Angleterre, et dont l’Angleterre honore si peu le souvenir,
r
nous soit permis de rapporter'-la note suivante insérée, par l’éditeur anglais de la RevueEuropéenne, dans cet ouvrage périodique publié à Londres en 1824 :
« Un journal consacré spécialement aux sciences et aux arts méchaniques ( tlie Mé-chante s Magazine) en rendant un compte étendu et détaillé de l’assemblée tenue pourériger un monument en l’bonneur de Watt , reconnaît ouvertement le noble ser-vice que M. Charles Dupin a rendu aux amis des arts utiles dans la Grande-Bretagne,en donnant l’idée d’une si belle récompense, et en reprochant à l’autorité publiquede n’avoir pas accordé d’honneurs publics, à la vie , aux travaux , à la mémoire d’undes citoyens les plus illustres , et qui ont le plus fait pour leur patrie.
3) Nous allons citer le passage très-intéressant du Mechanic s Magazine , auquel nousfaisons maintenant allusion :
« Peu de semaines se sont écoulées depuis le moment où, en lisant le dernier vo-» lu me des Voyages dans la GrandeBrctagne , publiés par M. Charles Dupin (l’un des)) ouvrages écrits avec le plus de savoir et de libéralité qu’aucune plume étrangère ait33 jamais produits), nous avons senti très-profondément le reproche national transmis» dans le passage dont nous allons donner une faible traduction. » Ici l’on reproduitle passage qui vient d’être rapporté dans le texte.
3) L’appel plein de force fait au sentiment national et contenu dans ces lignes ,continue l’éditeur du Journal de méchanique, n’a pas été adressé en vain ; il n’a pas étélong-temps sans réponse. Presque immédiatement après avoir fait cet appel, M. CharlesDupin (il assistait à la séance) a eu la satisfaction de voir le premier ministre et lereprésentant du roi , commissionné par le monarque même, pour présider une assem-blée publique , afin d’ériger un monument àla mémoire de James W 7 att. Il a vu ce premierministre accompagné par plusieurs de ses collègues les plus éclairés et les plus estimés,par MM. Robinson, Peel et Huskisson. Il a entendu annoncer que des affaires nationalesd’une importance plus grande encore retenaient plusieurs autres membres célèbres duministère, qui auraient concouru avec la même cordialité à cet acte solennel de com-mémoration. Il a vu quelques-uns des plus illustres sénateurs ; il a vu des individusqui, dans d’autres temps, dans d’autres occasions, sont habituellement en oppo-sition avec les partisans de 1’administration, joindre avec ceux-ci leurs voix et leurscœurs , pour proclamer à la face de l’univers combien la nation britannique doit derichesse et de puissance a celui qui a perfectionné à tel point la machine à vapeur,lia vu (spectacle malheureusement trop rare) tout esprit de parti e'touffé pour lemoment, afin qu’un grand acte de justice nationale pût être accompli d’un accordunanime. 11 a vu enfin le président du corps le plus savant d’Angleterre, celui qui aobtenu ce poste parce qu’il n’a point de supérieur dans la carrière des sciences, prendrela parole, et donner, pour ainsi dire, la sanction de la science à l’opinion populairequi place James Watt au premier rang, parmi ceux qui ont été les bienfaiteurs de leurpatrie et de l’univers. 33