CÔTES ET PORTS. s33
trois chambres, dont chacune peut recevoir huit personnes.
U Hospice des Enfants Bleus {blue-coat hospital) tire sonnom de Ja jaquette bleue, habit uniforme des élèves de cetteécole. Dès 1709, époque du premier essor de Liverpool,des souscripteurs fondèrent un établissement pour l’éducationde quarante garçons et de dix filles, en leur fournissant desvêtements, mais sans les loger ni les nourrir. Dès 1714? cesélèves furent en tout défrayés par l’établissement, qui s’estagrandi de plus en plus : il compte aujourd’hui 280 garçons et5 o filles. On y montre aux deux sexes, à lire, à écrire , à calcu-ler, suivant le système du docteur Bell. On enseigne la navi-gation aux jeunes gens qui veulent devenir marins. On ap-prend aux filles, à filer, à tricoter, à tenir un ménage . Lesenfants sont admis à huit ans ; ils sortent à quatorze, pourentrer en apprentissage dans les arts que leur goût préfère.
A Liverpool, comme dans toutes les autres villes de l’An-gleterre et de l’Ecosse , il y a des écoles dominicales ( sundayschools ), ainsi nommées parce quelles n’ont lieu que le di-manche. On y instruit gratuitement les jeunes apprentifsoccupés pendant toute la semaine à des travaux manuels.3Xe pourrait-on pas introduire en France une si belle institu-tion , dans les campagnes surtout, où les curés de villageajouteraient ce service moral à tant d’autres bienfaits qu’ilsprodiguent, dans la modestie et le désintéressement du secret ?Avec les méthodes de Bell et de Lancaster, un seul pasteurinstruirait tous ses jeunes paroissiens, sans fatigue et en peude temps ; il pourrait même leur donner, par l’une ou l’autrede ces méthodes, les préceptes de la doctrine chrétienne , àl’époque des premières communions.
Tous ces détails sont minutieux, ils exciteront les dédains etle sourire de la pitié chez beaucoup d’esprits forts. Mais je
crois, d’après les leçons de l’expérience, offertes par l’Angle-II. 3o