CÔTES ET PORTS. 235
quefois on entendait un lëger murmure de personnes qui s’en-treparlaient à voix basse; le plus souvent un silence absolu ré-gnait dans rassemblée. Ce recueillement qui laisse l’hommeavec ses pensées, l'accoutume à concentrer son attention ; etproduit, dans son jugement, une maturité qui. s’allie bien ra-rement avec les airs évaporés de ces écervelés qui causent tou-jours avec les autres, parce qu’ils ne savent jamais causer ouplutôt penser avec eux-mémes.
Liverpool a trois grands établissements de ce genre, l’Athé -née, le Lycée et la Chambre de l’Union.
L’édifice de Y Athénée ^ bâti exprès, a coûté cent mille francs.Il appartient à cinq cents propriétaires , qui payent chacun 2 gui-nées par an; ce qui produit une somme d’environ 26,5oo fr.,consacrée à l’entretien du bâtiment, aux dépenses de chauf-fage et d’éclairage , à la solde des serviteurs et des gar-diens, enfin à l’achat des livres le plus généralement utiles.Dans le cours de quatorze années 011 a réuni huit mille volu-mes , confiés aux soins d’un bibliothécaire payé par l’institu-tion. Il y a des salles particulières de lecture, attachées à la bi-bliothèque. Les journaux et les ouvrages périodiques sontétalés sur des bureaux, dans une salle dont la superficie n’estpas moindre de 186 mètres quarrés.....
Le Lycée est une réunion de deux associations, communespour les dépenses de l’édifice, mais distinctes pour la salle despapiers-nouvelles et pour la bibliothèque qui déjà possède plusde dix mille volumes. En 1807, la salle des gazettes avait 800souscripteurs et la bibliothèque en avait 8 g 3 : je prie le lecteurde noter une telle différence, dans un pays oii, s’il est possi-ble , on a plus qu’en France la fureur des journaux *.
* Les femmes formant le tiei’s des souscripteurs , un tiers de la bibliothèque est com-pose de romans et de pièces de théâtre. J’indique ce fait au futur apologiste des Fran-çaises, lorsque de,moroses Anglais les accuseront d’être plusJYivoles que les Anglaises,