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Quarante-trois sections se soulevèrent et se reunirent en assemblées armées eldélibérantes. Chacune avait sa tribune. Elles rejetèrent les lois additionnelles.La Convention, plutôt par souvenir que par conviction, voulut se montrer forte,et prendre en pitié ces agitations. Elle crut les terminer en proclamant, le 23septembre, l’acceptation de la constitution par la majorité des assemblées pri-maires de la république; mais, le 2V, une assemblée centrale d'électeurs seréunit hostilement à l'Odéon. Le 2 octobre j 10 vendémiaire), cette assembléeillégale, ou, pour mieux dire, insurrectionnelle, fut dissoute par la force.
La guerre allait commencer. La section Lepelletier, réunie au couvent desFilles-Saint-Thomas, donna le signal. La Convention ordonna la clôture du cou-vent et le désarmement de la section. Si Paris s’était souvenu des barricades, laConvention succombait, et Bonaparte perdait l’occasion qui allait le produire surla scène du inonde. La rue Vivienne fut tout à coup occupée par le généralMenou, à la tète d’une force imposante en infanterie, cavalerie et artillerie,mais il y trouva les gardes nationaux de la section rangés en bataille, et les mai-sons occupées par les seetionnaires. Les représentants échouèrent égalementauprès du comité de la section, lequel s’était aussi déclaré représentant dupeuple, et refusa de se soumettre. Toutefois une sorte de capitulation terminacette ridicule usurpation du pouvoir souverain ; et, maîtresse du champ de ba-taille sans avoir combattu, la section Lepelletier n’en avait que plus raison dechanter victoire.
Au milieu de ces grandes agitations, Bonaparte se livrait, comme de cou-tume, aux habitudes de sa vie privée : en ce moment il était à Feydeau, spec-tacle voisin du théâtre de la guerre ; ayant appris ce qui se passait dans la rueVivienne, il s’y rendit, fut témoin de la retraite des troupes de la Convention, etcourut aux tribunes de l’assemblée. Menou était dénoncé par les représentantseux-mèmes qui l’avaient accompagné, et qui, loin de déploy er la moindreénergie, avaient contrarié les dispositions qu’il avait voulu prendre. Ce généralpouvait aussi bien leur reprocher d’avoir échoué dans leur négociation avec lecomité de la section Lepelletier, qui leur avait fièrement répondu qu’il nereconnaissait point la Convention. Menou fut mis en arrestation. L’agitationredoubla encore dans l’Assemblée aux nouvelles des propositions sinistres qui sesuccédèrent pendant cette nuit. Divers orateurs montèrent à la tribune , et dé-noncèrent hautement le péril public. Mais les opinions, partagées d’abord sur lechoix d’un chef militaire à qui l’on pouvait confier le salut de la patrie, furent àla fin entraînées, soit par les représentants du peuple qui avaient pu juger destalents de Bonaparte pendant leur mission aux armées du midi, soit par lesmembres du comité de gouvernement ; elles se réunirent donc sur le jeune géné-ral, caché dans la foule, où il fut témoin de cette délibération. Sans doute alors,il se souvint d’Aubry, de l’inaction à laquelle ce représentant l’avait condamné,de l’obscurité qui enveloppa tout à coup le vainqueur de Toulon et le comman -