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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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III ST 01 KL

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lcrie parquées à la plaine des Sablons. Minnitsonnait : un moment plus tard ellesallaientètrcenlcvécspar une colonne de la section Lepelletier, qui, voyant lestroiscents chevaux de Murat, n’osa pas les attaquer. Le 13 vendémiaire, à neuf heuresdu matin, l’artillerie était placée à la tête du pont Louis XVI , du pont Royal, de larue Saint-IIonoré, au pont Tournant, enfin à toutes les avenues des Tuileries.L’armée, d’abord de cinq mille hommes contre quarante mille, fut portée à huitmille cinq cents. Trois bataillons, composés d’anciens satellites ou employés dela Convention, furent armés, organisés, et placés sous le commandement dugénéral Berruyer. C’étaient des patriotes éprouvés, disgraciés depuis le 9 ther-midor; on les appelait encore les patriotes de 1789. Dans la Convention, où il yavait peu d’opinions généreuses , on parlait de traiter avec les sections, de seretirer sur les hauteurs de Saint-Cloud , de poser les armes. Déjà, un parlemen-taire des sections, envoyé par Danican, leur général, avait osé venir sommerla Convention de retirer ses troupes. Bonaparte fit porter huit cents fusils dansl’assemblée, pour armer les députés et former ainsi une réserve. Les insurgésoccupaient en force les postes de Saint-Roch et du Théâtre-Français, et les hau-teurs de la Butte des Moulins; mais plusieurs de leurs colonnes avaient prisposition sur le Pont-Neuf, où Cartaux, l’ancien général de l’armée de Tou-lon , commandait quatre cents hommes avec quatre pièces d’artillerie : les sec-tions occupaient ainsi le jardin de l’Infante, au Louvre. Une forte colonne, bat-tant la charge, essaya de déboucher par le pont Royal. Enfin, à quatre heuresaprès midi, le feu commença, et à six heures, après une faible résistance, lessections furent mises en déroute. Il y eut quatre cents hommes de tués de partet d’autre. Le général Bonaparte et son artillerie sauvèrent le gouvernement.Il fit acquitter Menou, que. le Comité voulait condamner à mort, et qui méri-tait une punition sévère. Ainsi l’autorité militaire prévalut sur la puissancecivile qui lui devait son salut.

Dès cette époque, le nom de Bonaparte devint populaire. Sa qualité de géné-ral en second de l’armée de l’intérieur, que la Convention venait de confirmer,lui imposait l’obligation de pourvoir à la paix et à l’ordre public. Sans cesseau milieu du peuple, il le harangua plusieurs fois aux halles et dans les fau-bourgs, et prit sur lui un grand ascendant. La Convention avait décrétéle désarmement général des sections. Quoique cette opération attaquât tout àcoup les habitudes et les droits des citoyens, elle ne rencontra pas d’ob-stacles, et son exécution devint la singulière occasion du mariage de Bonaparte .Des perquisitions avaient été faites avec tant de rigueur dans les maisons,qu’aucune arme quelconque n’y était restée. Un matin, on introduisit chez legénéral Bonaparte un enfant de douze à treize ans, qui venait réclamer l’épéede son père, général de la république, mort sur l’échafaud : cet enfant était Eu-gène Beauharnais . L’épée lui fut rendue. Sa mère voulut remercier le général.Voilà comment Bonaparte connut madame de Beauharnais. Il se dissimula quel-