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véritable source de ces hauts faits, de ces triomphes inouïs qui étonnent encorele monde.
L’armée austro -sarde obéit au général en chef Beaulieu ; quarante-cinq milleAutrichiens sont commandés par les généraux Argenteau, Mêlas, Wukassowich,Liptay et Sebottendorf ; et vingt-cinq mille Sardes par les généraux Provera etLatour, sous les ordres du général autrichien Colli : le premier corps a centquarante pièces de canon , et le second soixante. Dix mille Napolitains doiventporter ces forces à quatre-vingt mille hommes. Trente mille soldats, répartisen quatre divisions d’infanterie commandées par Masséna, Augereau, Laharpe et Serrurier; deux mille cinq cents hommes de cavalerie et trente pièces de canon,composent toute l’armée aux ordres de Bonaparte .
Son but était de tourner les Alpes, et de pénétrer en Italie par le pointoù la chaîne de ces montagnes se lie à la chaîne des Apennins , et d’isoler lesAutrichiens des Piémontais. L’infériorité numérique de son armée lui imposaitce plan et lui prescrivait surtout d’attaquer toujours l’ennemi avec des forces àpeu près égales, en évitant tout engagement général avec la grande armée aus-tro -sarde. Sa première opération fut donc de passer le mont Saint-Jacques, leplus abaissé des Alpes et des Apennins , de poster la division Serrurier surGaressio, pour observer les Piémontais retranchés dans le fameux camp deCeva, et de faire menacer Gènes par Laharpe , tandis que Masséna et Auge-reau se porteraient sur Loano, Finale et Savone . Cette opération n’obtint quela moitié du résultat que Bonaparte s’était promis. Beaulieu, alarmé pour Gênes ,se porta à Novi, et divisa son armée en trois corps : Colli à Ceva, Argenteauà Sassello, se dirigeant sur Montenotte , et lui, de sa personne, par la Boc-chetta sur Voltri . Il s’agissait donc de battre ces trois corps séparément, etd’effectuer, par une ou deux grandes affaires, la division totale de Beaulieuet de Colli.
Beaulieu , à la tête de l’aile gauche des Austro-Sardes, s’avança sur les po-sitions que gardait Cervoni. Attaqué avec vigueur par les généraux Sebot-tendorf et Pittony, canonné par la croisière anglaise, investi par de nombreuxennemis, Cervoni se replia sur le général Laharpe . Argenteau, de son côté,ayant fait le même jour un mouvement sur Montenotte-Inférieure, se dirigea àtravers Montenotte-Supérieure, sur la Madone de Savone, pour écraser Laharpe .Tout avait réussi au gré du général piémontais ; deux redoutes étaient tombéesen son pouvoir. Une troisième, située à Monte-Legino, et qui fermait la routede Montenotte, restait à emporter pour mettre entièrement à découvert l’ailedroite des Français . Trois fois l’infanterie ennemie attaque notre dernier rem-part , trois fois elle est repoussée par les feux croisés de l’artillerie et de la mous-queterie. Cependant Argenteau, réuni à Roccavina , ranime l’ardeur des Autri-chiens : ils s’avancent en masse, mais sans effroi. Enfin ils sont aux pieds desretranchements, la redoute va tomber, les républicains n’ont plus de munitions !