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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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voir comprendre la cause de leur perle. Pendant ce temps, la division cl’Auge-reau se dirigeait sur Cairo , à travers les vallées de la Bormida ; Masséna attei-gnait les hauteurs d’Altare, tandis que Bonaparte lui-même , dépassait Massénaet courait sur Carcare pour déborder la droite d’Argenteau, afin d’anéantir parun seul coup le centre de l’armée coalisée, avant que Beaulieu pût venir à sonaide.

Après sa défaite devant Monte-Legino, Argenteau avait ranimé le combat.Mais Masséna, soutenu par le général en chef, atteignit le sommet des Apennins ,s’empara du poste important de Bric-de-Menau, et se porta, par Montenotte-ln-férieurc, sur les derrières de l’ennemi. Assaillis de tous les côtés, les Impériauxse défendirent avec opiniâtreté jusqu’au moment où Masséna, entrant tout-à-faiten ligne, vint les écraser par la supériorité de ses forces, et jeter dans leurs rangsla terreur et la confusion. Argenteau et Boccavina, blessés tous deux en voulantrétablir l’ordre parmi leurs soldats, et entraînés par eux dans la déroute, furentpoursuivis jusqu’auprès de Sassello, au milieu des débris confondus de leur ar-mée. La cavalerie manqua aux républicains pour rendre cette victoire encoreplus décisive : cependant quinze cents morts, deux mille prisonniers, des dra-peaux, des canons, témoignaient de la perte des coalisés. Telle fut la bataille deMontenotte, et la première victoire par laquelle Beaulieu apprit, à Voltri , l’en-trée en Piémont des Français commandés par Bonaparte .

Les Autrichiens se retirèrent sur Dego, et les Piémontais sur Millesimo .L’armée française les suivit marchant en trois corps : la gauche , sous Auge-reau, se porta sur Millesimo ; le centre, sous Masséna, sur Dego; etLaharpe,avec la droite, sur les hauteurs du Cairo. Augereau força les défilés de Mil-lesimo; Masséna et Laharpe enlevèrent Dego. Provera, réfugié dans le châ-teau de Cossaria, mit bas les armes. Les journées de Millesimo et de Degocoûtèrent à l'ennemi un grand nombre de prisonniers, vingt-cinq pièces de ca-non, huit drapeaux, un grand nombre d’hommes restés sur le champ de ba-taille. Elles donnèrent encore aux armes françaises un plus grand avantage parla séparation des Autrichiens et des Sardes. Beaulieu alla couvrir le Milanaisà Acqui, et Colli, protéger Turin à Ceva.

Quelques jours après, un second combat eut encore lieu à Dego. Les grena-diers du général autrichien Wukassowich, qui revenaient de Voltri , se pré-sentent devant Dego, et en débusquent les bataillons français. Bonaparte s’yporte, livre un combat opiniâtre, reprend Dego, et détruit le corps ennemi.Le succès de cette brillante affaire fut acheté par la mort du général Causse,qui s’élançait à la tête de la 99 e demi-brigade, lorsqu’il fut mortellement blessé.On le porta hors des rangs. Bonaparte passait non loin de là, Causse le fit ap-peler : Dego est-il repris? lui demanda-t-il d’une voix éteinte. — La redoute està nous, dit Bonaparte . — Dans ce cas, s’écria le blessé avec un accent héroïque ,vive la république! je meurs content. Une autre particularité s’attache encore