Buch 
Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
Entstehung
Seite
45
JPEG-Download
 

DE NAPOLEON .

+:>

au combat de l)ego. Bonaparte y remarqua un chef de bataillon, qu'il lit chefde brigade sur le champ de bataille : c’était Lannes, qui partagea si longtempsavec Ney le surnom de brave des braves , mais qui eut sur lui l’immense avan-tage de mourir les armes à la main.

Laissant la division Laharpe pour tenir Beaulieu en échec, le général en chefmarcha de nouveau contre les Piémontais. En arrivant sur les hauteurs deMonte-Zemolo, l’armée française contempla avec étonnement la chaîne gigan-tesque des Alpes qu’elle voyait s’élever derrière et autour d’elle sans les avoirfranchies. «Annibal a franchi les Alpes, dit Bonaparte ; nous, nous les avonstournées. » C’était, en effet, le but, et ce fut le résultat de cette campagne mi-raculeuse. Cependant Colli, pressé de front par des forces supérieures, menacépar Augereau, qui avait passé sur la rive gauche du Tanaro , se vit obligé d’é -vacuer le camp de Ceva presque sans combattre. Bonaparte le poursuivit.l’atteignit près de Mondovi et le rejeta derrière la Stura. Les Piémontais per-dirent dans cette journée trois mille hommes, huit pièces de canon , dix dra-peaux, quinze cents prisonniers, dont trois généraux. Ainsi, dans cette campagnede quinze jours, chaque rencontre fut une bataille, et chaque bataille une vic-toire pour l’armée française.

Après l'affaire de Mondovi, le quartier-général est porté à Cheraseo. Bona-parte met cette place en état de défense ; il y trouve de grands magasins, etdésormais l’artillerie compte soixante bouches à feu. L’Italie n’est plus un lieud’exil pour l’armée : la victoire, l’abondance, en ont fait une patrie pour lesbraves, et les soldats des dépôts se précipitent avec joie sur la route pour re-joindre les héros de la république. Voici le langage que leur lit entendre le géné-ral en chef dans sa proclamation datée de Cheraseo :

« Soldats,

« Vous avez remporté, en quinze jours, six victoires, pris vingt et un dra-« peaux, cinquante-cinq pièces de canon, plusieurs places fortes, et conquis« la partie la plus riche du Piémont. Vous avez fait quinze mille prisonniers,« tué ou blessé plus de dix mille hommes. Vous vous étiez jusqu’ici battus pour« des rochers stériles, illustrés par votre courage, mais inutiles à la patrie. Vous« égalez aujourd’hui, par vos services, l’armée de Hollande et celle du Rhin .« Dénués de tout, vous avez suppléé à tout. Vous avez gagné ces batailles sans« canons, passé des rivières sans ponts, fait des marches forcées sans souliers,« bivouaqué sans eau-de-vie, et souvent sans pain. Les phalanges républicaines,« les soldats de la liberté étaient seuls capables de souffrir ce que vous avez« souffert, Créées vous en soient rendues, soldats ! La patrie reconnaissante vous