I)K NAPOLEON.
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delle ont profité du tumulte pour se réunir aux vainqueurs : « Lèches ! leur dit« le général en chef, je vous avais confié un poste essentiel au salut de l’armée ;« vous l’avez abandonné à de misérables paysans, sans opposer la moindre ré-« sistance ! » Il voulait les faire décimer; mais le capitaine qui, sur l’ordre dugénéral Haquin, avait rendu la citadelle, devint seul responsable de la conduitede ses soldats. Il fut traduit au conseil de guerre, condamné à mort et fusillé.La ville fut livrée pendant quelques heures à l’exécution militaire; mais le gé-néral en chef révoqua l’ordre d’incendier Pavie . On désarma les campagnes.Des otages, choisis dans toute la Lombardie parmi les principales familles, par-tirent pour la France. Ainsi finit la révolte de Pavie .
Pendant ce temps s’était opéré le mouvement général de l’armée, sous la con-duite de Berthier; le quartier-général occupait Soncino, où l’on attendait Bo-naparte. Masséna était sur la route de Brescia à Soncino, et Augereau sur cellequi conduit à Bergame ; Serrurier sur la droite de Masséna, et Kilmaine à Bres-cia, une des plus grandes villes de l’Etat vénitien . Ses habitants, au nombre decinquante mille, souffraient impatiemment la domination de l’oligarchie et de lanoblesse ; mais la république française était en paix avec Venise, et Bonaparte fit afficher dans Brescia cette proclamation :
« C’est pour délivrer la plus belle contrée de l’Europe du joug de fer de l’or-« gueilleuse maison d’Autriche , que l’armée française a bravé les obstacles les« plus difficiles à surmonter. La victoire , d’accord avec la justice, a couronné« ses efforts. Les débris de l’armée ennemie se sont retirés au-delà du Mincio.
« L’armée française passe, pour les poursuivre, sur le territoire de la république« de Venise ; mais elle n’oubliera pas qu’une longue amitié unit les deux répu-« bliques. La religion, le gouvernement, les propriétés, les usages, seront res-« pectés. Que les peuples soient sans inquiétude : la plus sévère discipline sera« maintenue. Tout ce qui sera fourni à l’armée sera exactement payé en ar-ec gent. Le général en chef engage les officiers de la république de Venise , les« magistrats et les prêtres, à faire connaître ses sentiments aux peuples, afin que« la confiance cimente l’amitié qui depuis si longtemps unit les deux nations.
« Fidèle dans le chemin de l’honneur comme dans celui de la victoire, le sol-« dat français n’est terrible que pour les ennemis de la liberté et de son goû-te vernement. »
Le sénat envoya au général en chef une députation qui protesta de sa neu-tralité. Malheureusement pour la république de Venise , celte neutralité futviolée par les Autrichiens , qui s’établirent à Peschiera . Dans sa dépêche du7 juin au Directoire, Bonaparte disait, en parlant des Vénitiens : « La vérité de« l’afTaire de Peschiera , est que Beaulieu les a lâchement trompés. Il leur a de-« mandé le passage pour cinquante hommes, et il s’est emparé de la ville. »Mais l’occupation d’une place forte comme Peschiera en pays neutre exigeaitmilitairement une compensation, quoique le gouvernement de Venise ne dût
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