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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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le troisième, de 30,000 hommes, sous les ordres de Wurmser , déboucha, dansles derniers jours de juillet, du Tyrol italien sur plusieurs positions de l’ar-mée française. Ses premières manœuvres obtinrent du succès. Masséna futobligé d’évacuer Rivoli. L’ennemi s'empara de Rrescia et de Salo , (juc le gé-néral Sauret abandonna après une vive résistance. Les colonnes autrichiennes ,couvrant les hauteurs de Vérone, la rive gauche de l'Adige , menaçaient Ponte-San-Marco et Lonato, et, par la direction des différents corps, surveillaient àla fois Milan, Crémone et Mantoue . Ces deux jours de progrès de l’arméede Wurmser découvrirent au général Bonaparte le plan des ennemis. L’infé-riorité numérique de ses troupes ne lui permettant pas de livrer bataille à l’ar-mée autrichienne réunie, il dut s’appliquer à la battre en détail, comme il l’a-vait fait depuis l’ouverture de la campagne. Avant tout, il fallait empêcherWurmser de se réunir à Quasdanowitch sur le Mincio. Bonaparte trouva alorsdans son génie une de ces inspirations subites qui dérangent tous les calculs.Tout à coup il lève le siège devant Mantoue , abandonnant les travaux com-mencés et cent quarante pièces de siège. Le général Serrurier brûla ses affûts,noya ses poudres, encloua les canons, enterra les projectiles, et rejoignit l'ar-mée active.

Ici commence cette suite de victoires que nos soldats nommèrent la campa-gne des cinq jours. Bonaparte s’attacha à la division Quasdanowitch, plus en-gagée que les autres. Les combats de Lonato, de Salo, la reprise de Brescia ,d’où l’ennemi n’eut pas le temps d’emmener ses prisonniers, forcèrent Quasda-nowitch à la retraite, et l’isolèrent entièrement de Wurmser , qui était en marchesur Mantoue , où il entra avec deux divisions. Lesquinze mille hommes de Mas-séna furent assaillis à Lonato par les vingt-cinq mille Autrichiens de Quasdano-witch. Masséna se vit forcé dans ses positions : Lonato fut pris; mais le généralen chef se mit à la tête des troupes, enfonça le centre de l’ennemi, et l’on re-prit Lonato au pas de charge. Augereau attaqua l’avant-garde de Wurmser , quicouvrait Castiglione, et s’en empara.

La bataille de Lonato préluda aux journées de Castiglione. Wurmser ,n’ayant plus trouvé Serrurier devant Mantoue , revenait trop tard sur Casti-glione, où Bonaparte s’était fortifié. Quasdanowitch errait avec les débris de sadivision pour se réunir à Wurmser . Après avoir reconnu l’armée ennemie de-vant Castiglione, et décidé la position de la bataille pour le lendemain , le gé-néral français se rendit à Lonato, afin de presser le mouvement de toutes sestroupes sur Castiglione. L’ennemi était poursuivi avec acharnement, et perdaitdes bataillons entiers qui déposaient les armes. Une de ses colonnes, avertie qu’iln’y avait à Lonato qu’un millier de Français, s’y porta tandis que le général Bo-naparte y entrait. Le parlementaire qui venait sommer la petite garnison fran-çaise fut amené au général en chef. Bonaparte lui fit débander les yeux, le reçutau milieu de son nombreux état-major, et lui dit : « Allez dire à votre général