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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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I)K NAPOLÉON.

7 !)

leurs avant-postes à Saint-Michel, tandis que l’armée française se trouva dansl’impossibilité de reprendre l’oITensive ; en outre, l’ennemi tenait Caldiero et lesgorges du Tyrol, et la garnison de Mantoue secondait Alvinzy par de fréquentessorties. Cette garnison valait une armée , et Serrurier n’avait que huit millehommes au blocus. Il y eut un moment d’abattement dans l’armée française. Ellese plaignait tout bas, mais son général lui répondait. Cet entretien de l’armée etde son chef est une singularité remarquable de l’époque, en même temps qu’ilcaractérise parfaitement Bonaparte et l’armée d’Italie . Cet homme, qui ne comp-tait ni ses ennemis, ni le nombre de ses soldats, s’appliquait toujours à soutenirle moral des troupes ; il leur parla, et l’armée reprit courage ; l’impulsion qu’ellereçut de son général alla réveiller dans les hôpitaux de Brescia, Bergame, Mi-lan, Crémone, Lodi, I’avie, Bologne , les malades et les blessés, qui vinrentrejoindre leurs drapeaux. Lannes était un de ces blessés ; il accourut. Le géniede Bonaparte veillait sur son armée.

Kilmaine est appelé du blocus de Mantoue avec deux mille hommes, et chargéde la garde de Vérone ; les vingt mille hommes qui forment le camp de Vé-rone passent silencieusement l’Adige sur trois colonnes, et se forment sur larive droite. Point d’ordre du jour cetle fois ; c’est une retraite qui s’opère devantles vainqueurs de Caldiero. Ainsi le siège de Mantoue est levé! l’Italie est per-due! Les habitants, attachés à la fortune de la France , suivent, désespérés, lemouvement de l’armée de Vérone ; la nuit ajoute encore à cette scène de tristesse,dont le dénouement est imprévu. Mais tout à coup, au lieu de se diriger surPeschiera , Bonaparte tourne brusquement à gauche , et, avant le jour, l’arméeest à Ronco, où le colonel Andréossy jette un pont. A l’aurore, elle se trouvesur l’autre rive de l’Adige . Là, elle se reconnaît, se rappelle la poursuite deWurmser, et comprend que son général veut tourner Caldiero . Il n’y a queIreize mille hommes au drapeau français : ils n’ont pu lutter en plaine contreles quarante mille que commande Alvinzy; mais le terrain où Bonaparte placesa petite armée augmente sa force en diminuant celle de son ennemi, et rétablitainsi l’équilibre : ce sont trois chaussées, trois digues sur des marais; dès lorsla victoire nous appartient, puisqu’elle ne dépend plus que du courage. Lesoldat a pénétré la pensée de son général. Trois colonnes sont en marche : lapremière sur Vérone , par Porcil ; la seconde sur Villa-Nova, par Arcole; latroisième sur Albaredo, en descendant l’Adige . Alvinzy, qui ne s’attend point àêtre attaqué de ce côté par ceux qu’il a repoussés de front, n'a pas gardé lepays entre Arcole et l’Adige ; il ne peut croire qu’une armée s’aventure dans desmarais impraticables dont il défend toutes les avenues. Cependant cette arméeavançait sur les derrières d’Alvinzy, et allait lui livrer la bataille d’Arcole. Mas-séna est sur la digue de gauche, Augereau sur celle d’Arcole. Vivement assaillis,ils laissent l’ennemi s’engager, fondent sur lui au pas de charge et lui enlèventdu canon et des prisonniers. Le général Bonaparte est avec la division Auge-