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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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se précipiter dans le neuve, qui devient aussi un dieu pour les Français . A peinerafraîchis et consolés, ils sont rappelés au drapeau par une attaque de Ma-melucks : ils y courent, l’artillerie du général Desaix disperse l’ennemi.Bonaparte ordonne un repos à Ramanich pour attendre sa flottille, où sont lesprovisions. L’armée, délassée et satisfaite, se met en marche dans la nuit, avecl'espoir de livrer la bataille qui doit lui ouvrir la capitale de sa future con-quête. La flottille nous suit , elle vogue sous le pavillon du chef de divisionFerrée. Le général Andréossy est à bord , ainsi que le général Zayonscheek ;ils commandent l’artillerie et les troupes à cheval non montées. La violence desvents entraîne tout à coup la flottille française au-delà de la gauche de l’armée,et la pousse en présence de la flottille ennemie, que soutient le feu de quatremille Mamelucks, des Fellahs et des Arabes. Un combat inégal , où la valeursupplée au nombre, commence à l’instant, et coûte à l’ennemi ses chaloupescanonnières. Dans ce combat, où le sang-froid et l’intrépidité du général An-dréossy contribuèrent beaucoup à la victoire, Monge et Berthollet, qui étaient,comme lui, sur le chebcc de l'amiral, montrèrent un grand courage , et ren-dirent d’importants services. Cependant Bonaparte , averti par le bruit du ca-non que sa flottille est engagée, fait avancer l’armée au pas de charge surChébreiss; elle aperçoit les Mamelucks en bataille devant ce village. Bona-parte reconnaît la position de l’ennemi, et range ainsi ses forces : chacune deses cinq divisions , commandées par Desaix, Bon , Reynier, Menou et Bugua,en l'absence de Kléber, composait un carré qui présentait à chaque face sixhommes de hauteur; les équipages et la cavalerie étaient au centre, l'artillerieaux angles ; les grenadiers de chaque carré formaient des pelotons qui flan-quaient les divisions, et devaient renforcer les points d’attaque.

A peine l’armée paraît-elle à une demi-lieue des Mamelucks , que soudainils s'élancent en foule et inondent la plaine ; ils débordent nos ailes, caracolentsur les flancs et derrière les carrés français , cherchant l’endroit le plus fai-ble pour y pénétrer ; mais ils ne rencontrent sur toute la ligne que des mu-railles de fer qui vomissent la flamme ; d’autres masses chargent avec impé-tuosité la droite et le front de l’armée ; elles approchent jusqu’à portée de lamitraille : aussitôt l’artillerie se démasque et les dissipe. Alors les Français s'ébranlent et emportent le village de Chébreiss. Après deux heures d’une ac-tion opiniâtre , l'ennemi laisse six cents hommes sur le champ de bataille et seretire en désordre vers le Caire ; sa flottille, qui prend aussi la fuite, remontele Nil . Ce combat avait suffi pour familiariser nos soldats avec ce nouveau genred ennemis, et pour suggérer à Bonaparte la tactique qu’il fallait employer aveceux. L’armée victorieuse couche à Chébreiss, et reprend la route du Caire , aumilieu de toutes les privations, à travers des villages abandonnés , sur un solpresque sans aucune végétation. Aussi, malgré le succès de nos armes, la mélan-colie et la tristesse régnent parmi nos soldats ; ils regrettent hautement l’Italie