DE NA PO I, ÉON.
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économie politique, littérature et beaux-arts. Une bibliothèque, un cabinet dephysique, un observatoire, un jardin botanique, un laboratoire de chimie, unmusée d’antiquités, une ménagerie, furent établis pour les travaux des classes.Bonaparte , qui n’oublia jamais dans ses proclamations sa qualité de membre del'Institut national, y joignit alors celle de président de l’Institut d’Egypte . Celtecontrée devint la source de grandes et utiles investigations ; elle permit à lascience, qui eut ses héros comme la guerre dont elle devait assurer les triomphes,d’élever des monuments plus durables encore que les trophées militaires. Onmit tout en usage pour acclimater l’armée exilée ; il était plus difficile de plierles Égyptiens à nos mœurs. Bonaparte chargea l’Institut de dresser un tableaucomparatif des mesures égyptiennes et françaises , de composer un vocabulairefrançais-arabe, ainsi qu’un triple calendrier, égyptien, cophte et européen . Cesouvrages satisfaisaient aux premiers besoins de la société nouvelle. Deux jour-naux, l’un de littérature et d’économie politique, sous le titre de Décade Égyp-tienne; l’autre de politique, sous celui de Courrier d’Egypte, furent rédigés auCaire . Un palais du bey et ses jardins métamorphosés en Tivoli, des lieux deréunion, des boutiques, des ateliers, des usines, des fonderies, des manufacturesimprovisées par les soins de l’ingénieux Conté, des moulins à vent qui tour-naient pour la première fois aux yeux des Égyptiens, des ateliers ouverts parChampy pour la fabrication de la poudre, la renaissance du commerce, objet detant d’efforts réunis, imprimèrent à cette ville monotone et vassale de l’in-dustrie de l’Europe et de l’Asie , un air d’activité, de création et d’indépendancesociale qu’elle n’offrit jamais sous les Ottomans .
L’incendie de la flotte avait forcé Bonaparte de renoncer aux vastes projetsdont l’Égypte ne devait être que le premier théâtre. Déchu par cette grandecatastrophe de l’espoir d’une autre entreprise, il était de la prudence, si remar-quable dans son caractère, de ne négliger aucun moyen pour s’assurer la posses-sion tranquille d’une colonie dont la conquête présentait une gloire inconnue enEurope , depuis la découverte des deux Indes. En conséquence, il s’occupa durecrutement de l’armée, qui fut réduite à recevoir dans ses rangs les esclaves del’âge de seize à vingt-quatre ans, de toutes les races asiatiques et africainestransplantées en Egypte. Trois mille marins, échappés au désastre d’Aboukir ,furent également enrégimentés, et composèrent la légion nautique. Toutes lesrues du Caire étaient fermées la nuit par des portes, pour défendre les habitantsdes attaques des Arabes. Bonaparte fit abattre ces clôtures, parce qu’ellespouvaient servir de remparts en cas d’émeute. L’événement justifia sa pré-voyance.
Quinze jours après, le 21 octobre, pendant que le général en chef se trouvaitau vieux Caire , des rassemblements séditieux et armés se forment dans la ville,et surtout dans la grande mosquée. Le général de brigade Dupuy, commandantde la place, qui, après la victoire des Pyramides, entra le premier au Caire , y