170
Il l S 10114 K
En effet, les Tures, les Arabes de Mourad, les Mamelueks, les Égyptiensrévoltés, bientôt réunis aux forces nombreuses que le grand vizir tenait enSyrie , seraient venus nous accabler. Kléber avait sans doute le sentiment de cedanger, lorsqu'il disait à Bonaparte , après cette immortelle journée : « Venez.
»
"/'Jrï
( : ,
« que je vous embrasse, mon cher général ; vous ôtes grand comme le monde. «
Ainsi fut vengé le désastre naval d'Aboukir. La population du Caire , envoyant, parmi les trophées de Bonaparte, Mustapha et son fds, tous deuxcaptifs, accueillit avec tous les transports d’un enthousiasme superstitieux leprophète invincible qui ne craignit pas d’annoncer d’avance son triomphe.
Mais après la soumission de l’Égvpte, après des exploits inouïs, au milieudesquels l’échec de Saint-Jean-d’Acre se trouvait perdu ; après la batailled’Aboukir qui l'environnait de l’éclat d’un dernier succès, il sentait que l’Orientl'avait grandi et lui donnait de l’ascendant sur l’Europe , frappée d’un nouvelétonnement. D’ailleurs, les nouvelles qu’il venait de recevoir lui apprenaientque la France , humiliée, avait éprouvé des revers sur le Bhin.et des désastres surle théâtre où il fonda sa première gloire ; que la nation faisait éclater son mé-contentement : que le nom du vainqueur d’Arcole, du pacificateur de Campo-