DU M A l'OLÉUN.
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avec détail l’état de la France et celui de l’Europe ; et ces nouvelles rendirent ceretard insupportable à celui cpii, de tous les hommes, savait le mieux apprécierla valeur et calculer l'emploi du temps. Enfin, la flottille appareilla pourla France ; mais à la vue des côtes parurent dix voiles anglaises. Le contre-amiral Gantheaume proposa de virer de bord sur la Corse : «Non, lui dit ISona-« parte, cette manœuvre nous conduirait en Angleterre; je veux arriver en« France . » Le 9 octobre ( 17 vendémiaire an vin) de grand matin, les frégatesmouillaient à Fréjus , après quarante-un jours de route sur une mer sillonnée devaisseaux ennemis. En un moment, toute la rade fut couverte de canots qui sedirigèrent vers Bonaparte . Le général Pereymont, commandant la côte, abordale premier. Avant l’arrivée des préposés à la santé, il y avait eu de nombreusescommunications avec la terre. Comme il n’existait point de malades à bord, etque, depuis plus de sept mois, la peste avait cessé en Égypte , cette violationdesrèglementsétait peut-être moins condamnable. Avec l’impulsion ardente quela conquête et le ciel de l’Égypte venaient d’imprimer à son caractère, il étaitbien impossible que Bonaparte restôt indécis entre une mesure sanitaire et lebut de son voyage. La France l’amnistia pour l’infraction à la loi de sa propreconservation, tant elle désirait, tant elle comprit le retour de son héros!