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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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mission des A nciens. — La majorité est ici , lui répondit froidement Goliier , et sile Directoire a des ordres à donner, il en chargera des hommes j>lus dignes de saconfiance. »

Goliier avait raison de parler ainsi à Fouché ; niais il avait le tort, dans cescirconstances, de s’être montré si imprévoyant. Il ne pouvait ignorer que Bo-naparte était venu pour prendre part aux affaires : en effet, comme le dit Fou-ché, le général avait demandé à Goliier de le faire admettre au Directoire , etGoliier ne refusa de coopérer à cette innovation qu’en alléguant l’âge prescritpar la constitution. Le fait est qu’il ne se trouvait d’hommes capables danscette révolution que ceux qui l’exécutaient ; et qu’un gouvernement déclaré va-cant dans sa propre capitale, par la majorité des habitants et par ses troupes,et qui comptait parmi ses ennemis Bonaparte, Moreau, Talleyrand , Fouché ,Cambacérès , les hommes les plus puissants et les plus distingués du temps ,n’avait aucun moyen de salut, et devenait ridicule dans sa chute, qui était lesecret de toute la population depuis quinze jours.

Cependant le président Cornet venait de donner lecture au général Bonaparte ,en présence de tous les militaires qui remplissaient son hôtel, du décret sui-vant : « Le Conseil des Anciens, en vertu des articles 102, 103 et 104. de la« constitution, décrète ce qui suit : 1° Le Corps-Législatif est transféré dans la« commune de Saint-Cloud . Les deux Conseils y siégeront dans les deux ailes« du palais. 2“ Ils y seront rendus demain, 19 brumaire, à midi. Toute conti-« nuation de fonctions de délibération est interdite ailleurs avant ce terme. 3° Le« général Bonaparte est chargé de l’exécution du présent décret ; il prendra« toutes les mesures nécessaires pour la sûreté de la représentation nationale.« Le général commandant la 17 e division, la garde du Corps-Législatif, les gardes« nationales sédentaires, les troupes de ligne qui se trouvent dans la commune« de Paris et dans l’arrondissement constitutionnel, et dans toute l’étendue« de la 17 e division, sont mis immédiatement sous ses ordres et tenus de le« reconnaître en cette qualité. Tous les citoyens lui prêteront main-forte à« la première réquisition. 4° Le général Bonaparte est appelé dans le sein duce Conseil, pour y recevoir une expédition du présent décret et prêter serment :« il se concertera avec les commissions des inspecteurs des deux Conseils. 5° Lea présent décret sera de suite transmis par un message au conseil des Cinq-<c Cents, et au Directoire exécutif; il sera imprimé, affiché, promulgué et en-« voyé dans toutes les communes de la république par des courriers extraor-cc dinaires. » Tel fut le premier manifeste de la révolution convenue entreBonaparte et Sieyes , dans la conférence du 15, et dont le Conseil des Anciens serendait l’organe et l’instrument.

Après cette lecture, Bonaparte ordonna aux quarante-huit adjudants de fairebattre la générale, et de proclamer le décret dans tous les quartiers de Paris ;ensuite il monta à cheval . suivi des généraux, des officiers et des dragons de