L) K NAPOLÉON.
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étonnement deux princesses de la maison de Bourbon : les prêtres détenus àOléron revinrent vieillir dans leurs familles; des secours furent accordés auxcolons de Saint-Domingue. Bonaparte alla aussi au-devant de l'émigration,qui errait encore, sans asile, sous la loi de l'hospitalité étrangère ; de quatre-vingt mille émigrés non rentrés, mille seulement restèrent sur la liste fatale,comme particulièrement dévoués à la maison de Bourbon ; les autres se virentrayés successivement; la France leur fut rendue, et bientôt les tables de pro-scription cessèrent d’exister. La guerre de la Vendée s’était rallumée dans lesderniers temps du Directoire ; elle se termina en un mois, par la mort dequelques chefs, par la soumission volontaire de MM. d’Autichamp, de Châlillon,et du fameux Georges Cadoudal , ainsi que par la conquête que fit le premierconsul des deux personnages influents du pays, l’abbé Bernier, curé de Saint-Lô d’Angers , et !\I. de Bourmont, qui cédèrent aux promesses de Fouché. Une am-nistie générale confirma les heureux effets de la conduite à la fois ferme, activeet prudente des généraux Hédouville et Brune, chargés d’exécuter le plan depacification conçu par Bonaparte .
L’ordre judiciaire et l’ordre administratif, avilis par les forfaitures révolu-tionnaires, avaient également fixé toute l’attention du premier consul, et reprisl’influence qu’ils devaient exercer sur la prospérité nationale. Une loi venait deréorganiser les tribunaux ; ceux de district étaient remplacés par ceux d’arrondis-sement. Chaque département eut son tribunal criminel ; le territoire de la répu-blique fut partagé en vingt-neuf cours d’appel ; la réforme épura aussi le tribunalsuprême, la cour de cassation. On établit une nouvelle division de la France ad-ministrative, en même temps qu’on substitua les préfectures aux directoiresde département et aux districts des arrondissements, dont chaque chef-lieudevint le siège d’une sous-préfecture : des conseils de département et de muni-cipalité défendirent la cause des administrés; des conseils de préfecture setrouvèrent chargés du contentieux de l’administration. D résulta de ces géné-reuses institutions que les noms les plus honorables reparurent dans les fonc-tions judiciaires et administratives, et de véritables protecteurs furent donnésaux premiers intérêts de la société.
Au milieu de toutes ces créations intérieures, inspirées par une haute sagesse,une négociation importante occupait le chef de l’état. Les relations des répu-bliques française et américaine, si naturelles et si utiles aux deux nations,avaient été dédaignées par le Directoire , qui eut l’impéritie de faire porter surle commerce le coup d’état du 18 fructidor, en fermant les ports de France auxbâtiments neutres. La réparation d’une pareille iniquité ne pouvait échapper aupremier consul ; en rouvrant les ports, il fit des communications au congrès amé-ricain , qui s’empressa de les accueillir; les plénipotentiaires des États-Unis arri-vèrent à Paris pour établir de nouvelles relations. Le deuil public ordonnépar Bonaparte pour l'anniversaire de la mort du fondateur de la liberté améri-
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