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vention d'Alexandrie , provoquée par le général Mêlas malgré les imposantesressources dont il disposait encore, frappa d’abord de stupeur les hostilités dela capitale, comme les alliés belligérants de la maison d’Autriche .
Cependant ces haines politiques, dont Paris était le principal théâtre, furentloin d’être désarmées par les transports de la France et l’étonnement de l’Eu-rope ; elles continuèrent dans le silence à tramer la perte du vainqueur. Plusardents que les royalistes, les révolutionnaires ne virent que l’assassinat pouratteindre celui que la guerre s’obstinait à respecter.
Au milieu de ces complots républicains, le premier consul reçut les deuxlettres suivantes du comte de Lille , par l’entremise du troisième consul, Le-brun , à qui l’abbé de Montesquiou les avait remises :
AU GKXKKAI. ItONA 1>A HT K.
« Quelle que soit leur conduite apparente, des hommes tels que vous, Mon-« sieur, n’inspirent jamais d’inquiétudes. Vous avez accepté une place émi-« nente, et je vous en sais gré. Mieux que personne vous avez ce qu’il faut de« force et de puissance pour faire le bonheur d’une grande nation. Sauvez la« France de ses propres fureurs, et vous aurez rempli le vœu de mon cœur.« llendez-lui son roi, et les générations futures béniront votre mémoire. Vous« serez trop nécessaire à l’état, pour que je songe à acquitter par des places« importantes la dette de mon agent et la mienne.
« Louis. »
« Depuis longtemps, général, vous devez savoir que mon estime vous est« acquise. Si vous doutiez que je fusse susceptible de reconnaissance, marquez« votre place, fixez le sort de vos amis. Quant à mes principes, je suis Fran-« çais : clément par caractère, je le serais encore par raison.
« Non, le vainqueur de Lodi, de Castiglione et d’Arcole, le conquérant de« l’Italie , ne peut pas préférer à la gloire une vaine célébrité. Cependant vous« perdez un temps précieux. Nous pouvons assurer la gloire de la France ; je« dis nous, parce que j’aurais besoin de Bonaparte pour cela, et qu’il ne le« pourrait pas sans moi.
« Général, l’Europe vous observe, la gloire attend, et je suis impatient de« rendre la paix à mon pays.
« Louis. »