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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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portes de Vienne, loin de comprimer dans Paris les ennemis du premier consul,armaient contre lui de nouveaux assassins. Le 2V décembre (3 nivôse) fut choisi,par des hommes de la bande de Georges Cadoudal , pour atteindre, par l’explo-sion d’une machine infernale, Bonaparte sur la route de l’Opéra, où la représen-tation du fameux oratorio de Haydn , la Création du Monde, devait réunir lepremier consul, sa famille et l’élite de la société de la capitale. Un nommé Saint-Bégent, ancien officier de marine, Carbon, Limoelan, Joyaut, dit d’Assas , etLahaie Sïttnt-IIilaire, étaient les auteurs de ce plan exécrable. Vers sept heuresdu soir, une charrette chargée d’un baril de poudre et de balles fut placée dansla rue Saint-Nicaise, une des plus populeuses de Paris; Saint-Régent et Carbon étaient chargés de l’exécution. Bonaparte reçut quclcpies avis : à l’exemple deCésar, il les méprisa, et ne dut la vie qu’à son cocher, qui, s’étant enivré, partità toutes brides, et trompa de deux secondes seulement l’espérance des conspi-rateurs. Ils avaient froidement calculé le moment de l’explosion, sur le trainordinaire de la voiture du premier consul. Cinquante-six personnes furent blesséeset vingt-deux tuées. La foule fmmensc qui remplissait l’Opéra était si tumul-tueusement occupée de l’arrivée du premier consul, que le bruit de cette effroyabledétonation n’y avait point pénétré. Tout à coup quelques groupes se formèrentdans les corridors, et quelques loges devinrent silencieuses: déjà la nouvelle del’événement circulait. Bonaparte parut, et au même instant la salle retentit des

plus vifs applaudissements ; mais, quand le péril qu'il venait de courir fut connu

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