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lut que ce peuple devint aussi le premier par sa gloire civile. Ainsi, le k mars,un arrêté consulaire chargea l’Institut national de tracer un tableau généraldes progrès et de l’état des sciences, des lettres et des arts, depuis 1789 jus-qu'en 1801. Ce tableau devait en outre indiquer les découvertes d’une appli-cation utile à l’administration publique, spécifier les secours et les encou-ragements nécessaires aux sciences, aux lettres étaux arts, et désigner leperfectionnement dont seraient susceptibles les méthodes employées dans lesdifférentes branches de l’enseignement. L’instruction publique, confiée aucélèbre l’ourcroy, reçut une nouvelle organisation : on donna des écoles pri-maires et secondaires aux communes ; on établit dans toutes les grandes villesdes lycées et des écoles spéciales aux frais de l’état ; un sénatus - consulte ,que ne désavouerait pas le gouvernement le plus libéral, accorda les droitsde citoyen français , après une année de domicile, à tout étranger qui, dansl’espace des cinq années suivantes, aurait bien mérité de la république pard’importants services, soit l’importation d’une découverte ou d’une industrieutile, soit la création d’un grand établissement. Enfin, le premier consulordonna la formation de chambres de commerce dans les principales villes dela république , et celle d’un conseil général de commerce à Paris . Une mesureréparatrice vint s’ajouter à tant de bienfaits : l’amnistie des émigrés fut pro-clamée. Ce jour, grâce aux dispositions favorables de cet acte politique , quiallait jusqu’à rendre aux anciens proscrits leurs biens encore invendus, l’émi-gration se réconcilia, non avec la révolution, qui s’éteignait, mais avec Bona-parte , qui s’élevait. Une loi en date du 19 mai instituait l’ordre de la Légion-d’Honneur, qui allait devenir le mobile et la récompense de tous les servicesrendus à l’état.
Plus la France avait de prospérité et de repos, plus elle désirait en voir assu-rer la durée. La raison publique attribuait justement le bonheur général augouvernement de Bonaparte . L’opinion se prononçait pour qu’il fût maintenuau pouvoir le plus longtemps possible. Le Sénat , obéissant à ce vœu, prolongeade dix années au-delà des dix premières années fixées par la constitution, ladurée du consulat conféré à Bonaparte . Il répondit au message du sénat :
« Le suffrage du peuple m’a investi de la suprême magistrature. Je ne me« croirais pas assuré de sa confiance, si l’acte qui m’y retiendrait n’était encore« sanctionné par son suffrage.
« Dans les trois années qui viennent de s’écouler, la fortune a souri à la« république ; mais la fortune est inconstante : et combien d’hommes qu’elle« avait comblés de ses faveurs ont vécu trop de quelques années!
« L’intérêt de ma gloire et celui de mon bonheur sembleraient avoir marqué« le terme de ma vie publique au moment où la paix du monde est proclamée.>< .Mais la gloire et le bonheur du citoyen doivent se taire quand l'intérêt de« l’état et la bienveillance publique rappellent.