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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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I* K N A l'OLK ON.

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le fort Dauphin el le Porl-de-Paix. Leclerc avait traité constamment avec unedistinction particulière la race mulâtre, dont la parenté française , l’intelli-gence, la bravoure et la haine pour la race noire, lui faisaient une alliée natu-relle; Rochambeau la persécuta ; plusieurs braves officiers de celte couleur,qui dominait dans la partie du Sud, et entre autres le commandant Bardet, qui,en remettant le fort Bizoton au général Boudet, avait sauvé le Port-au-Prince de l'incendie et les blancs de l’assassinat, furent proscrits. Dès ce moment, lavengeance la plus acharnée réunit les noirs et les mulâtres ; ces derniers exer-cèrent dans le Sud d’horribles représailles pour satisfaire aux mânes de leurschefs si barbarement immolés.

Bochambeau commit une faute non moins grave : il transporla au Port-au-Prince le siège du gouvernement, et laissa le général Clauzel, avec une faiblegarnison, chargé de la défense du Cap. Bientôt un nouvel ennemi se joignit àceux que le général en chef venait de susciter contre son armée ; cet ennemi,le redoutable appui des noirs, était la Grande-Bretagne. Le traité d’Amiens venait d’être rompu. Alors l’insurrection générale, fortifiée par les secoursqu’elle reçut des Anglais , pressa plus vivement ses opérations offensives, desorte qu’en peu de jours toutes les positions de l’Ouest et du Sud tombèrent aupouvoir des insurgés. Le Sud une fois occupé par l’ennemi, les subsistancesmanquèrent totalement au Port-au-Prince ; la famine à son tour jeta le déses-poir dans cette malheureuse ville, la seule où les Français se maintinssentencore, à la veille d’être assiégés par les armées noire et mulâtre réunies,quand Rochambeau reçut l’ordre impératif de France de revenir au Cap, etd’y établir le siège du gouvernement.

La métropole ne possédait plus que le Cap et le môle Saint-Nicolas, quandune armée de quinze mille hommes, soutenue par une escadre anglaise, vintassiéger le Cap. Les notables engagèrent le général en chef à s’entendre avecl’escadre ; mais les propositions du commodore furent si exagérées, que Ro-chambeau aima mieux avoir affaire au barbare Dessalines . Celui-ci lui donnadix jours pour se retirer. Cependant l’espoir qu’avait eu Rochambeau de pouvoirtromper la poursuite des Anglais , à la faveur du gros temps, s’évanouit, et il sevit forcé, à l’expiration des dix jours, en raison de l’état de la mer, de se mettreà la discrétion delà flotte anglaise, ainsi que l’immense quantité de bâtiments quiportaient tout ce qui survivait de l’armée expéditionnaire et de la populationblanche. Toutefois une action brillante honora la retraite de la malheureuse ar-mée française. Le général Noailles, ancien membre de l’Assemblée constituante ,commandait le môle Saint-Nicolas ; voulant partir sans capitulation et éviter denégocier avec les Anglais , qu’il connaissait bien, il fit embarquer sa garnison ,et au passage de l’immense convoi du Cap, il se mit à sa suite, sans être observépar la croisière ennemie : arrivé à une certaine distance, il quitta la flotte avecles sept voiles qui l’accompagnaient, et les conduisit dans un poi l de l'île de