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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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« doux villes que, s'ils continuent à donner asile aux ennemis de la France , ils« s’attireront de grands malheurs.

«. Vous ordonnerez que le commandant de Ncufbrisach fasse passer cent« hommes sur la rive droite avec deux pièces de canon. Les postes de Kehl ,« ainsi que ceux de la rive droite, seront évacués dès l'instant que les deux« détachements auront fait leur retour.

« Le général Caulaincourt aura avec lui une trentaine de gendarmes. Du« reste, le général Caulaincourt. le général Ordener et le général de la division,« tiendront un conseil et feront les changements qu'ils croiront convenables« aux présentes dispositions. S’il arrivait qu’il n’y eût plus à Ettenheim ni« Dumouriez ni le duc d'Enghien , on rendrait compte par un courrier extraor-« dinaire de l’état des choses. Vous ordonnerez de faire arrêter le maître deu poste de Kehl et autres individus qui pourraient donner des renseignements« sur cela.

« BOXAI'AKTK. »

11 est difficile de ne pas reconnaître dans une pareille instruction, où tout estsi diligemment prévu, si minutieusement prescrit, le caractère d’une de cesrésolutions dont l’exécution est inexorable. Plus d’une fatalité concourut àtromper le premier consul et à perdre le duc d’Enghien. D’abord les gendarmesalsaciens, en raison de leur prononciation, avaient fait le général Dumouriez du général Thumcrv, attaché au prince, erreur qui accréditait, touchant leséjour du duc d’Enghien à Ettenheim , le bruit d’un rassemblement hostile,coïncidant avec les complots et les lettres des agents anglais , et avec les tenta-tives et les déclarations de Georges.

Caulaincourt et Ordener reçurent leurs ordres du ministre de la guerre, envertu de ceux du premier consul. Comme les opérations confiées à ces deuxgénéraux devaient s’accomplir en pays étranger et ami, M. de Talleyrand , mi-nistre des relations extérieures, accrédita leur mission par une lettre au ministrede l’électeur de Bade, et laissa à Caulaincourt le soin de la lui faire parvenir.Cette lettre ne parvint au ministre de Bade qu’après l’enlèvement du ducd’Enghien.

Ce malheureux prince fut pris dans son lit le 15 mars, à cinq heures du matin ;le marquis de Thumery, le colonel baron de Gri’mstein , le lieutenant Schmidt,l’abbé Wenborn, l’abbé Michel, M. de Saint-Jacques , secrétaire du duc, et troisde ses gens, furent arrêtés. Alors seulement le commandant de gendarmerie re-connut que le général Dumouriez n’était autre que le général Thumery. Le princelui déclara que jamais Dumouriez n'était venu à Ettenheim , et qu'il ne l’aurait pasreçu s'il y était venu. Il dit qu’il estimait Bonaparte comme un grand homme-,mais qu'étant prince de la maison de Bourbon , il lui avait voué une haine implacable.On le transféra à la citadelle de Strasbourg , où il resla deux jours. Le 18. dans