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trône impérial. Le Sénat se rendit à Saint-Cloud , ajant à sa tète le secondconsul Cambacérès , son président, chargé de présenter à l'Empereur ce sénatus-consulte. Napoléon répondit au discours de l'orateur : « Tout ce qui peut con-« tribuer au bien de la patrie est essentiellement lié à mon bonheur ; j’accepte le« titre que vous croyez utile à la gloire de la nation. Je soumets à la sanction du« peuple la loi de l'hérédité ; j’espère que la France ne se repentira jamais des« honneurs dont elle environnera ma famille. Dans tous les cas, mon esprit ne.« sera plus avec ma postérité le jour où elle cesserait de mériter l’estime et la« confiance de la grande nation. »
La proclamation du sénatus-consulte annonça à la France une quatrième dy-nastie, la formation des collèges électoraux, la création d’une haute cour impé-riale et l’institution des grandes dignités de l’empire.
Napoléon nomma grand-électeur le prince Joseph ; connétable, le princeLouis; archichancelier, M. Cambacérès; et architrésorier, NI. Lebrun.
Le même jour, Napoléon paya un noble tribut à l’armée en conférant le gradede maréchal de l’empire à dix-huit généraux qui devaient leur illustration à desvictoires ; c’étaient Alexandre Berthier , Murat, Moncey, Jourdan, Masséna,Augercau, Bernadotte , Soult, Brune, Lannes, Mortier, Ney, Davoust, Bessières,Kellermann, Lefebvre, Pérignon et Serrurier. Il regretta vivement, sans doute,de ne pouvoir appeler au même honneur ses deux compagnons d’Égypte , Klé-ber et Desaix, et le vieux Dugommier, avec lequel il avait pris Toulon .
Le clergé s’empressa de saluer l’avénement de Napoléon à l’empire, de tousles titres que sa reconnaissance lui inspira en faveur de l’auteur du Concordatde 1801. Le nouvel Empereur devint le nouveau Cyrus, le nouveau Moïse rap-pelé des déserts de l’Égypte , le nouveau Mathathias envoyé par le Seigneur.
Plusieurs décrets de joyeux avènement rendirent la liberté à des individuscondamnés correctionnellement, et à des débiteurs de l’état; une amnistie futégalement accordée aux soldats de terre et de mer, déserteurs à l’intérieur, quirejoindraient leurs drapeaux.
Le 27 mai, l'Empereur reçut solennellement le serment du Sénat . Le vœudes cent-huit départements de la France arriva bientôt au pied du trône. Enmême temps une déclaration, faite à Varsovie , et datée du 6 juin, était adresséeà tous les gouvernements de l’Europe .
Protestation de Louis XVIII , roi de France , contre Iusurpation
de Bonaparte.
« En prenant le litre d'Empereur, en voulant le rendre héréditaire dans sa« famille, Bonaparte vient de mettre le sceau à son usurpation. Ce nouvel acte«< d’une révolution où tout dans l’origine a été nul, ne peut sans doute inlir-« mer mes droits. Mais, comptable de ma conduite à tous les souverains,
« dont les droits ne sont pas moins lésés que les miens, et dont les trônes