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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE NAPOLÉON.

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la paix à l'Angleterre, il comptait cent quatre-vingt-treize mille hommes prêtsà être embarqués sur soixante-neuf vaisseaux de ligne, et plus de deux centsbâtiments de guerre et de transport, tous armés, n’attendant que son signalou l’espérance de six heures de calme pour voguer vers la Tamise .

Au milieu des immenses préparatifs que Napoléon multipliait pour triom-pher de l’Angleterre ou la contraindre à la paix, une nouvelle couronne, lacouronne de fer des rois d’Italie , vint se placer sur son front. En même temps,dans le but de rassurer l’Europe et surtout la maison d’Autriche , il s’engageaita donner ce trône à son fils adoptif, et à le séparer à jamais de celui deFrance , aussitôt que Malte aurait été rendue par l’Angleterre, et la républiquedes Sept-Ues évacuée par la Russie . La députation solennelle qui apporta àNapoléon le vœu du peuple italien, fut présentée au Sénat. Napoléon s’y renditle 28 mars. « Le génie du mal, dit-il alors, cherchera en vain des prétextes« pour mettre en guerre le continent. Ce qui a été réuni à notre empire par« les lois constitutionnelles de l’état, y restera réuni. Aucune nouvelle puissance« n'y sera incorporée... » Le 2 avril, l'Empereur et l’Impératrice se mirent enroute pour Milan. En passant à Troves, où il laissa un moment l’Impératriceet sa cour, Napoléon , accompagné de son grand-écuyer et de deux officiers,se rendit à Rrienne, où l’attiraient, entre deux couronnements, les souvenirsde son enfance. Il ne revit pas sans une vive émotion te berceau de son édu-cation ; il y retrouva toute la mémoire de ses premières années, reconnut jus-qu'aux serviteurs de l’école militaire, dont les ruines l’attristèrent visiblement.Napoléon oublia à Brienne, pendant vingt-quatre heures, et l'empire de France et le royaume d’Italie.

De retour à Troyes, l'Empereur se dirigea sur Lyon , où il séjourna quelquetemps. Tout ce que le génie de cette ville si célèbre dans l'histoire des artsutiles put créer de plus éclatant, fut mis en œuvre pour célébrer le passage del’Empereur. La reconnaissance était pour ainsi dire gravée sur les murs decette grande cité, dont Napoléon avait relevé les ruines. Jamais population nese montra transportée d’un enthousiasme plus vrai, plus légitime. Elle devait àNapoléon la protection de son commerce ; elle saluait avec d’autant plusd'ivresse les nouvelles grandeurs qui se réunissaient sur la tête de ce prince,que ces grandeurs ouvraient une brillante carrière aux principales fabriques deLyon ; aussi déploya-t-elle avec profusion, dans cette circonstance, les mer-veilles de son industrie.

L’Empereur continua sa route par Chambéry et Turin ; il s’arrêta quelquesjours au château royal de Stupinitz, où il attendit le pape. 11 se rendit ensuite àAlexandrie , où il affecta une somme de vingt millions pour faire de cette villela première place d'armes de l’Europe . Cette immense fondation militaire devaitêtre aussi un grand monument politique de l'alliance de la FTanceetcie lapéninsule italique. 11 reparut avec l'uniforme républicain de Marengosur ce