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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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1ère prussien demandait : « 1° que toutes les troupes françaises sans exception« fussent tenues de repasser le Rhin , en commençant leur marche du jour« môme où le roi espérait la réponse de l’Empereur, et en la poursuivant sans« s’arrêter;... 2° qu'il ne fût plus mis de la part de la France aucun obstacle« à la formation de la ligue du nord, qui devait embrasser sans exception tousa les états non nommés dans l’acte fondamental delà Confédération du Rhin ...»Une réponse prompte était exigée pour le 8 octobre.

« Maréchal, dit l’Empereur au prince de Neufchâtel, on nous donne un« rendez-vous d’honneur pour le 8 : jamais un Français n’y a manqué ! Mais,« comme on dit qu’il y a une belle reine qui veut être témoin des combats,a soyons courtois, et marchons sans nous coucher pour la Saxe.» En effet, lareine de Prusse était à l’armée, portant l’uniforme de son régiment de dra-gons. « Il semble, disait le premier bulletin de îs’apoléon, voir Armide, dans« son égarement, mettant le feu à son propre palais. »

Ainsi le roi de Prusse, entraîné par des conseils aussi aveugles que perfides,osait, sous de vains prétextes, imposer avec arrogance au vainqueur d’Auster-litz des conditions déshonorantes. Le cabinet prussien n’ignorait pas la raisonde la prolongation du séjour de quelques troupes françaises en Allemagne . 11savait que ces troupes devaient revenir en France aussitôt que l’Autriche au-rait réglé définitivement avec la Russie, en vertu du traité de Presbourg , laremise des Rouches du Cattaro : or, cette clause était si loin d’être remplie,que les généraux Marmont et Lauriston chassaient de Castel-Aovo et des dé-filés de Rielbrich un corps de six mille Russes , et que l’amiral russe Siniavinrefusait, à cause de la rupture de la Prusse, de remettre Cattaro aux Français .

On a peine à concevoir encore cette duplicité du cabinet prussien ; qui en-voyait son ambassadeur à Paris avec des lettres de créance, quand il devait,trois semaines après, déclarer la guerre. L’ultimatum de la Prusse donna lesignal de la retraite à ce plénipotentiaire; il demanda et obtint ses passeportsdans les premiers jours d’octobre. Fox avait emporté dans la tombe toute l’es-pérance de la paix du monde. La Prusse suivait dans sa politique l’exemplede la Russie, qui venait de signer un traité avec la France pour couvrir sesderniers préparatifs, et qui le rompit par un simple désaveu de son représen-tant. Dans son agression, c’était l’Autriche que cette môme Prusse imitait :Frédéric-Guillaume avait envahi la Saxe, comme François 11 la Ravière, sansdéclaration de guerre. Il fallait donc répondre aussi à la Prusse par uneautre bataille d’Austerlitz. La garde impériale quitta Paris , et partit en postepour cette nouvelle campagne.

L’Empereur passa le Rhin le 1 er octobre, et porta son quartier-général àRamberg. Son armée était divisée en sept corps, commandés par les maréchauxRernadotte, Lannes, Davoust, Nev, Soult, Augereauet Lefebvre. Legrand-ducde Berg commandait la réserve de la cavalerie; un huitième corps, aux ordres