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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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Il ISTOIKL

brité de Marengo, d’Austerlitz, etc... La position des deux armées présentaitune singularité tout-à-fait nouvelle dans les annales militaires : les Prussiens tournaient le dos au Rhin, et les Français bordaient la Saale et tournaient ledos à l'Elbe . Les Prussiens avaient pour eux les souvenirs et ce qui restait dessoldats du grand Frédéric ; Napoléon avait pour lui sa gloire présente et l’arméed’Austerlitz.

Au moment où les deux armées étaient en présence, Napoléon , tidèle ausystème de modération qu’il avait adopté dès le principe, écrivit au roi dePrusse :

« Si j’étais à mon début dans la carrière militaire, si je pouvais craindre les« hasards des combats, le langage que je tiens à Votre Majesté serait tout-à-« fait déplacé ; mais Votre Majesté sera vaincue ; et, sans l’ombre d’un pré-« texte, elle aura compromis le repos de ses jours et l’existence de ses« sujets. » Cette lettre resta sans réponse.

Le roi de Prusse avait divisé son armée en deux parties : l’une, composée desoixante-dix mille hommes environ, marchait sur Auerstaedt, à six ou sept lieuesdu théâtre où l’autre partie de ses forces devait combattre sous les ordres duprince llohenlohe. Napoléon , au contraire , n’avait fait que réunir ses masses ;la nuit du 13, pendant que ses ennemis sommeillaient dans leur camp, dis-persés sur un espace de trente-cinq lieues, il acheva toutes les dispositionsd'une victoire assurée. l)ès la veille, il avait fait occuper par un corps de sa gardeet une forte artillerie le Landgrafenberg, position dominante dont il avait re-connu l’importance, et qui devait avoir sur l’affaire d’iéna la même influenceque la position du Santon à Austerlitz. Les bivouacs des deux années étaientà demi-portée de canon, les sentinelle sétaient si près l’une de l’autre, qu’ilne se faisait pas un mouvement qui ne fût entendu. A quatre heures du matin,Napoléon passa devant le front de plusieurs régiments : « Soldats, leur dit-il,« l’armée prussienne est coupée comme celle de Mack l’était à l’im, il y a au-u jourd’hui un an. Cette armée ne combat plus que pour se faire jour et rega-« gner ses communications. Le corps qui se laisserait percer se déshonorerait.« Ne redoutez pas cette célèbre cavalerie ; opposez-lui des carrés fermés et la« baïonnette. » Cette harangue porta au plus haut degré l’enthousiasme dessoldats, qui répondirent par les cris de Marchons!

A six heures, l’Empereur, qui n’aurait voulu attaquer que deux heures plustard, pour attendre sa grosse cavalerie et des corps d’infanterie restés en ar-rière , donna cependant le signal. De premiers succès sur plusieurs points nousprésagèrent déjà l’heureuse issue de la journée; vers une heure, l’action de-vint générale. Sous lesyeux de l’Empereur, quiplanaitsur les ennemis commesur son armée, et voyait exécuter avec la même précision qu’à Austerlitz les plansqu’il avait conçus avec le même génie, Augereau, Soult, Lannes, font partoutployer les Prussiens, malgré la plus vive résistance. Une partie de notre cavalerie