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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE NAPOLEON .

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tion dans l'empire turc, rétablit les deux hospodars. Ce fut après cette con-descendance de la Porte que le général Michelson entra inopinément sur leterritoire ottoman , s’empara de Choczim, de Boeder, et força les Turcs pro-priétaires en Moldavie , de vendre leurs biens et d’évacuer la principauté.L’armée de Michelson, destinée à de plus importantes opérations, allait se ren-forcer d’autres troupes déjà en marche, quand la prise de Varsovie par lesFrançais , appelant tout à coup sur la A'istule les bataillons russes du Don et duDanube , obligea Michelson, abandonné à lui-mèine, de s’arrêter à Buckarest, oùl’avant-garde ottomane suffit pour lui fermer le passage.

La guerre fut déclarée à la Russie avec une grande solennité : on déploya ledrapeau de Mahomet . Quelques jours après le départ de l’ambassadeur russe,lord Arbutnot transmit au divan une déclaration dans laquelle il était dit :«... Les cours de Russie et d’Angleterre ont arrêté et arrangé entre elles,« que l’une ferait entrer par terre des troupes sur le territoire musulman,« tandis que l’autre enverrait par mer sa flotte à la capitale de l’empire otto-« man. Si la Sublime-Porte procède sur-le-champ au renouvellement de son« alliance avec lesdites cours d’Angleterre et de Russie sur l’ancien pied, et si« elle chasse de la résidence impériale l’ambassadeur de France Sébastiani, la« guerre cessera à l’instant; mais s’il en est autrement, la rupture de l’amitié« avec l’Angleterre est désormais inévitable... »

Le sultan resta inébranlable, et dit à l’ambassadeur Sébastiani: «Les Anglais« veulent que je chasse l’ambassadeur de F rance, et que je fasse la guerre à« mon meilleur ami. Écris à l’Empereur qu’hier encore j’ai reçu une lettre« de lui, qu’il peut compter sur moi comme je compte sur lui. » Le Sérail,les côtes d’Europe et d’Asie, ainsi que les Dardanelles , se hérissèrent de bat-teries formidables, au nombre de vingt-neuf, armées de cent-neuf mortierset de cinq cent vingt pièces de canon ; dix vaisseaux de guerre suivirent jus-qu’aux Dardanelles la flotte anglaise , qui battit en retraite.

Napoléon , malgré les chances que le brillant commencement de la guerre ,sa position dans le pays ennemi et l’ardeur de son armée lui donnaient pourde nouveaux succès, ne négligeait aucun moyen de poursuivre ses avantagescontre les Russes, et d’assurer la protection du littoral de la France . En con-séquence, au mois d’avril, un sénatus-consulte appela aux armes la conscrip-tion de 1808 , qui, formée en cinq légions commandées chacune par un séna-teur, fut destinée à la défense du territoire.

Le siège de Danzick se continuait avec une grande vigueur, pendant quel’empereur de Russie, le grand-duc Constantin et le roi de Prusse, étaientarrivés à Bartenstein. Pour sauver Dantzick , on décida de secourir la villepar mer. Napoléon , qui avait pénétré le projet des deux souverains, chargea lemaréchal Lannes, placé à la tête de la réserve de la grande armée, d’aller avecla division Oudinot renforcer à Marienbourg , ancien chef-lieu de l’Ordre