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Deux jours après, le Sénat se réunit pour témoigner à l’armée sa reconnais-sance et son admiration. Une fête fut donnée à la garde impériale dans le jar-din du palais du Luxembourg. Le président du Sénat adressa à cette occasion lediscours suivant au maréchal Bessières:
« Monsieur le Maréchal, invincible Garde Impériale ,
« Le sénat vient au-devant de vous ; il aime à voir les dignes représentants de« la grande armée remplir ses portiques; il se plaît à se voir entouré de ces« braves qui ont combattu à Austerlitz", à léna, à Eylau, à Friedland, de ces« favoris de la victoire, de ces enfants chéris du génie qui préside aux ba-« tailles. Cette enceinte doit vous plaire, invincible garde impériale : ces voûtes« ont tant de fois retenti des acclamations qui ont célébré vos immortels faits« d’armes et tous les triomphes de la grande armée ! vos trophées décorent« nos murailles; les paroles sacrées que le plus grand des monarques daigna« nous adresser du haut de son char de victoire sont gravées dans ce palais« par la reconnaissance, et vous retrouvez parmi nous plusieurs de ceux qui« ont porté la foudre de notre Empereur, et dirigé les hardis mouvements de« ses phalanges redoutables.
« Représentants de la première armée du monde, recevez, par notre or-« gane, pour vous et pour tous vos frères d’armes, les vœux du grand et bon« peuple, dont l’amour et l’admiration vous présagent ceux de la postérité ! »
Si la flatterie allait chercher les soldats, on peut croire qu’elle ne.manquaitpas àl’Empereur. 11 recevait toutes les félicitations et tous les hommages ; mais iln’en était point ébloui. II vint lui-même quelque temps après, sans orgueil,sans emphase, dérouler, avec sa netteté habituelle, au Corps-Législatif, le tableaudes grands événements qui venaient de s’accomplir et de la prospérité de laFrance :
« Messieurs les Députés et messieurs les Tribuns, dit-il,
« Depuis votre dernière session, de nouvelles guerres, de nouveaux triom-« plies, de nouveaux traités de paix ont changé la face de l’Europe politique.
« Si la maison de Brandebourg, qui la première se conjura contre notre in-« dépendance, règne encore, elle le doit à la sincère amitié que m’a inspirée le« puissant empereur du Nord. Un prince français régnera sur l’Elbe ; il saura« concilier l’intérêt de ses nouveaux sujets avec ses premiers et plus sacrés de-« voirs. La maison de Saxe a recouvré, après cinquante ans, l’indépendance« qu’elle avait perdue. Les peuples de la ville de Varsovie , du duché de Dant-« zick, ont recouvré leur patrie et leurs droits.
« La F'rance est unie aux peuples de l’Allemagne par les lois de la confédé-« ration du lthin; à ceux des Espagnes, de la Hollande, de la Suisse et de l’ita-« lie, par les lois de notre système fédératif. Nos nouveaux rapports avec la« Russie soid cimentés par l’estime réciproque de ces deux grandes nations.